Dieu ferma les yeux pour ne pas rougir Je m’appelle Day...
Day Washington, mais je n'ai pas une miette de sang américain, mon père est un Washington, mais né au Québec comme son père avant lui, un Québécois qui ne parlait pas anglais, mais qui était né avec un nom anglophone.
Comme vous, je n’ai pas choisi mon prénom, et le mien, c'est Day et oui cela s'écrit comme le jour en anglais ma mère aimait ça "Day", elle disait à ses amies « ça fait joli et européen, vous ne trouvez pas ? ».
Maman avait entendu ce prénom dans une pub de savon à linge diffusé à Télé-Métropole en 1962 l'année de ma naissance « Le détergent Day le meilleur pour to Day...
tout Day-tacher ! ».
Donc c'est une publicité de savon à linge qui est à la base de mon prénom.
Qui, d'ailleurs en 1962, n'était pas populaire du tout.
En 1962, j'aurais pu m'appeler Philippe car 62 étaient l'année des Philippe.
Anyway, j'ai un prénom de pub de savon.
Une fois adolescent, je dois par contre avouer bien humblement que je me suis vengé un peu de ma mère en lui en passant à mon tour plusieurs savons pour avoir eu l'idée de m’avoir baptisé Day, car j'ai eu droit à toute la panoplie de surnoms inimaginables : Daywash, Dédé, Débile, Déniaise, Dégèle, Décrisse etc.
Day after day tout ce qui commençait pas D, je l'ai entendu, mais j’ai failli m’appeler Aurèle Washington alors Day je vis avec every day !!
Depuis, près de 40 ans, je travaille derrière un micro à la radio, où j'ai débuté ma carrière à l'animation d'une station de radio de province à Pont-Laurier dans les Florentides.
À 16 ans, j'étais annonceur « maison » dans l'aréna de Pont-Laurier et un beau jour un monsieur est venu me voir en me disant « T'as une bonne voix le jeune, tu ne veux pas faire de la radio ? ».
Ça a commencé comme ça.
Je suis devenu animateur à 16 ans dans la station de ma ville natale CKPL AM 610, pour ensuite poursuivre ma carrière ailleurs en province et après quelques années à l'animation, passé du côté de la salle des nouvelles comme lecteur de nouvelles (journaliste).
Depuis mes débuts à la radio il y a 40 ans, j'anime toutes sortes d'événements : des corporatifs, des culturels, des sociaux, des bingos, des sportifs, des galas.
Maintenant loin des grandes villes alors que je vis à la campagne tranquille, ma « certaine notoriété » m'avait suivi de ma ville natale de Pont-Laurier.
Cette belle reconnaissance publique acquise lorsqu'étant à l'emploi de « grosses stations montréalaises » m’amenait donc très souvent à être sollicité pour présenter toutes les sortes d'événements et aussi certains artistes locaux en devenir.
Pour être franc, je dois dire que je détestais ça les présentations d'artistes locaux !
« Les shows de matante » comme on dit « entre nous », il était vraiment rare de trouver la perle rare dans les sous-sols d'églises et les salles paroissiales.
Mais cela ne durait la plupart du temps que quelques minutes.
Je les présentais comme s'ils faisaient un show au Stade Olympique devant 50 000 personnes, ils en jouissaient et pour moi c’était mission accomplie et le plus important, c’était payant.
Tandis que pour les clients qui me semblaient le plus souvent sans intérêt, j'avais la réponse toute faite : « ma notoriété est facilement monnayable, mais mon âme est à louer et cela coûte beaucoup plus cher de l'heure ».
Ayant la plupart du temps de grosses semaines de boulot et un horaire totalement atypique (je me lève aux aurores) le week-end venu je me la coule douce.
Ainsi, le samedi soir chez moi c’est sacré.
C’est ma soirée de « repos vino », musique et bonne bouffe.
Somme toute, pour être franc et comme on dit en bon Québécois, « sacrez-moi patience », laissez-moi jouir de mon samedi soir péinard, cool et relaxe.
Je ne veux voir personne et juste être tranquille avec moi-même et mon chien « Jumbo » un magnifique labrador brun chocolat qui lui aussi apprécie la tranquillité de nos samedis peinards.
Donc, quant à 21 heures, mon téléphone a sonné (alors que je ne reçois habituellement jamais d'appels à cette heure le samedi soir), je me suis vraiment demandé qui m'appelait.
D'ailleurs, c’est carrément un miracle que je l’ai entendu sonner mon téléphone, car la guitare de Joe Strummer des Clash hurlait dans mes haut-parleurs « Go Straith To Hell Boy...
Oh Papa-san Please take me home!
Everybody, they wanna go home ».
Juste eu le temps de décrocher...avant que le répondeur n'embarque.
Vite fait, je regarde quand même qui appelle un samedi soir à cette heure-là et l’afficheur indique Évêché du lac Pérodeau...
Quoi ?
L'Évêché, ça n’augure pas bien.
Quelqu'un de mort ?
Qu'est-ce, l'évêché peut bien me vouloir à 21h un samedi soir.
Ils n’ont pas de vie ?
« Straith To Hell Boy...
Can you really cough it up loud and strong?
».
Je me suis dit quelle drôle de coïncidence quand même avec The Clash.
Voilà la réplique de Dieu à la chanson des Clash...
Je ne pouvais que répondre trop curieux de savoir ce que Dieu me voulait un samedi soir.
Oui bonsoir.
Un samedi soir !
Que puis-je faire pour vous ?
C’était à ma grande surprise le curé DeLambert, vieux curé gris et sympathique comme un pot de vinaigre qui me connaissait via ma mère et mon travail à la radio.
Monsieur le curé me proposait un prestigieux engagement qui ferait en sorte que je serais le premier à avoir le grand honneur de présenter une future star internationale en provenance du lac Pérodeau, PQ : « Oui allô Washington...c'est le curé De Lambert, tu me reconnais...
écoutes tu vas venir présenter notre chanteur vedette samedi soir...
j'en ai parlé à ta mère à la messe de dimanche dernier, elle m'a dit que cela te ferait plaisir et en plus il va devenir « big » comme les jeunes disent, ça fait que c'est samedi soir prochain à 20h arrive pas en retard salut ».
Bang!
et il raccroche je le rappelle…un instant M.
le curé je n'ai pas dit mon dernier mot.
Je fais « recomposition » ...
Le curé répond après un seul coup : « Oui allô.
Quoi ?
C'est encore toi ?
Tu ne m'as pas compris ?
Tu en as manqué un bout ?
Ou t'es dur d'oreille mon jeune ».
Je n'en revenais pas...Le curé DeLambert n'était de toute évidence pas le plus « sympathique de sa boîte » : « Non, non pas du tout j'entends très bien M.
le curé, sauf que je vous ai pas dit si j'étais disponible, ainsi que le montant de mon cachet, vous savez c'est mon travail d'animer des événements et c'est de cette façon que je gagne ma croûte et de plus le lac Pérodeau ce n'est pas la porte d'à côté....
Donc il y a des frais de déplacement qui viennent avec ça et comme je le dis souvent à la blague, ma notoriété est très monnayable, seule mon âme est à louer ».
Ma réponse ne fut évidemment pas accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.
Le bon curé DeLambert du lac Pérodeau PQ n’avait aucun sens de l’humour, ou il en avait autant qu’une statue et il faut avouer que le curé de réputation était aussi souriant qu’une roche.
Cependant, le saint homme après mon énumération de mes frais et le montant de mon cachet avait tout de même accepté sans argumenter ou même se faire prier pour me donner le cachet que je demandais soit 500 $ + 125 $ de frais de transport.
« Il n'y a pas de problème le jeune, tu donneras ta facture à mon vicaire mon petit Day Day il va te payer ça!
Et pour ton information ça va être un gros gros spectacle et il va y avoir ben ben du monde pour le show de Christian ....
Et n'arrive pas en retard Day Day ».
Day...Day m'a t'en faire un dayday!
Et pris pour présenter Christian Christian OMG...Bon...Comme on dit l’argent du Seigneur, n’a pas d’odeur...
Alors j'ai dit oui...
Pour samedi soir prochain.
Même si je le savais déjà religieusement mauvais, le chanteur de « cantique biblique » pour le connaître un peu de réputation et aussi après l’avoir vu deux minutes lors d'une couverture d'événement, je savais que j'en avais assez de deux minutes.
Le curé avait ajouté aussi que Christian Christian « Ce jeune-là a une voix qui nous vient du ciel » et ajouta que l'extraordinaire chanteur allait séduire à coup sûr le pape lorsqu'il allait se produire devant Sa Sainteté lors d’une grande messe en plein air à Rome dans quelques semaines.
Cependant, pour tout de suite, c'étaient les planches de la sacristie de la cathédrale du lac Pérodeau PQ qui l'attendait son chanteur.
De réputation, je le connaissais un peu Christian, car il chantait souvent à la messe du dimanche (à laquelle mes parents assistaient toujours) et ma mère m’en parlait avec éloge « J'ignore pourquoi ses parents l'ont baptisé deux fois avec le même nom, mais il chante bien le garçon ».
Je serais donc un témoin privilégié de sa grande première et comme il le disait : « Mes chansons me feront atteindre le nirvana » (à la blague je me suis dit, avec un billet d’avion tes chances seraient meilleures pour le nirvana).
Ce spectacle qui était pour, selon le bon curé DeLambert, marquer les annales de la paroisse avait lieu dans la plus vieille cathédrale de toute la région et l’on se demande encore qui est l’archevêché qui a eu cette idée finalement pas très catholique d’aller construire une grosse cathédrale de pierre au fin fond du bout d’un rang de campagne bien cachée en pleine forêt au bout d'un cul-de-sac de 11 kilomètres au lac Pérodeau.
Il faut dire que ladite cathédrale aux allures de "forteresse avec donjon" du lac Pérodeau avait dû avoir beaucoup de vécu et acquise depuis longtemps ses lettres de noblesse pour ainsi dire, car la vieille avait plus de 300 ans et tenait encore debout comme un château de la Loire.
Ce lieu de culte tricentenaire appartenant à une autre époque était donc situé en pleine campagne dans le village du lac Pérodeau et elle était entourée de voisins de ses paroissiens bûcherons de métier et cultivateurs pleins de labeurs.
Elle était, de plus, la preuve de l'apport du christianisme dans cette région des Florentides tout comme elle était également reconnue comme étant le seul bâtiment historique de la province ayant été témoin des années 1800 à aujourd'hui.
Cette cathédrale, qui avait l'air d'une montagne que l'on avait déposée en plein milieu de nulle part, avait donc été le témoin de plus de 300 ans de civilisation.
Elle avait vu arriver les premiers colons qui, à la sueur de leur sang, ont défriché leurs terres afin de pouvoir y élever leur famille.
La vieille avait également vu passer des bombardiers allemands très près de son clocher lors de la Deuxième Guerre mondiale, alors que sur ses routes de campagne des chars d’assaut et soldats canadiens passaient de temps en temps pour aller, on ne savait où.
Au fil des années, elle avait également été témoin des voitures tirées par des chevaux être remplacées par les premières automobiles, de l'explosion d'une bombe atomique, du premier voyage des fusées dans l'espace et la vieille sombre et tranquille avait assisté également à la naissance des ordinateurs, des téléphones intelligents et ainsi que de notre nouvelle façon de communiquer avec internet !
D'ailleurs, la cathédrale avait appris aussi un peu contre son gré notre nouvelle façon de communiquer, car elle jouissait maintenant sur le web d'une grande réputation et pas n'importe laquelle.
La cathédrale du lac Pérodeau avait la mauvaise réputation d’avoir été la scène de plusieurs vieilles histoires d’adultères bien croustillantes, de copinages entre le curé et ses ouailles, mais le plus spectaculaire, c'est qu'elle avait la réputation d'être hantée par une déesse née de la fesse de Vénus, rien de moins!
Selon les rumeurs ses ouailles du début du siècle faisaient presque toutes parties d’une ancienne secte adoratrice de Édoné, la déesse du plaisir, de la volupté et de la sensualité.
Semblait-il aussi (selon les rumeurs de fond de rangs qui sont la plupart du temps véridique, n'est-ce pas ?) que la cathédrale cachait en son sein, bien au chaud dissimulé entre ses murs, de nombreuses pièces secrètes encore jamais découvertes.
C'est ce que juraient les femmes de chambre de l'évêché qui en chœur affirmaient qu’effectivement, il avait des passages secrets et encore des couloirs jamais découverts.
De son côté, la majorité de la population du village de 60 et quelques habitants affirmait que c'étaient les « méchantes bonnes sœurs de la cochonne » qui avaient fomenté la réalisation secrète des couloirs cachés entre les murs, et ce, afin de circuler très discrètement et silencieusement dans toute la cathédrale sans se faire remarquer pour aller forniquer.
Cependant, les « anciens du village » racontaient, eux, que les chambres et pièces secrètes de la cathédrale, ce n'était pas l'œuvre des sœurs, mais qu'elles avaient plutôt été aménagées par un des premiers curés débarqués de Rome dans le rang pour diriger la construction du monument qu'il voulait à l'image des vieux châteaux du 16e siècle qui possédaient de faux murs renfermant d'autres pièces et salles de rencontres secrètes, réservées aux réunions secrètes des cardinaux et secrétaires du roi.
Mais ce qui avait attiré toute l'attention du public sur la Cathédrale du lac Pérodeau, c'est un truc beaucoup plus spectaculaire.
Il y a quelques mois, les plus bizarres des rumeurs « urbaines ou "rurales », plus rurales, car le terme légende urbaine étant un peu fort pour un village de 60 personnes, est apparu sur la toile à l'effet qu’une touriste parente d'un couple du village en visite dans la région avait capté avec son téléphone la plus surprenante image de la silhouette d'une femme de « lumière » qui semblait danser dans les marches de la sacristie.
La rumeur se répandit sur le web comme une traînée de poudre !
Donc la « rumeur » était que la cathédrale était hantée, rien de moins, et le fantôme était celui d'une femme.
De nombreux « paroissiens » affirmaient (et ils le juraient sur la bible) que certaines nuits dans la sacristie de la cathédrale le fantôme d'une très belle femme nue déambulait avec la grâce et la souplesse d'une petite plume d'oie au vent comme un funambule sur un fil que personne ne voyait.
Plusieurs affirmaient l'avoir vue face à l'autel de marbre et ils disaient « elle bouge comme si elle entendait une musique que l'on n'entendait pas », des notes imperceptibles à notre oreille, telle une bossa-nova lascive qui animait ses courbes sensuelles.
De mon côté, la première fois que j'ai entendu parler de cette histoire c'est de la bouche d'un sympathique fermier de 97 ans du village qui, entre deux rangées de l'épicerie où j'allais faire mon marché, m'avait raconté la chose avec beaucoup de sérieux.
Il faut dire aussi que c'est comme ça dans les petits milieux, quand tu es à la radio tout le monde te connaît et te parle « c'est toi le gars d'la radio vient icitte une minute !
Faut que j'te conte quelque chose » !
Et là, il me raconta : « Ma fille aînée l'a vue la "Déesse Édoné.
Vrai comme je te vois là j'te l'dis...
Un soir qu'elle avait quitté la dernière sa pratique de chorale, il était tard...
proche minuit...
elle l'a aperçu dans les marches près de l'hôtel alors qu'elle chantonnait une chanson...
Je sais pas laquelle, mais j't'e l'jure mon homme que c'est la vraie vérité vraie, car ma fille c'est pas une menteuse, elle l'a vue et c'est pas la seule qui l'a vue...Mais les autres sont trop « peureux » pour le dire » !
Il semblait effectivement que plusieurs habitants (surtout mâles) de ce rang de campagne croyaient aussi qu'elle existait, mais ils craignaient d'être jugés et s'abstenaient d'en parler.
Sauf que, presque tous étaient convaincus dur comme fer qu'elle habitait la cathédrale depuis vraiment longtemps, car beaucoup de monde de chacune des familles du rang et du village jurait qu'ils l'avaient vu eux aussi.
Ils disaient tous avec leur accent disons très rural et d'une autre époque : « Est belle, mais tellement belle...
Que je j'te jure mon homme qu'y a rien d'plus divin sua la terre ou même dans l'ciel, que d’aouoir la chance de ouère la « Déesse Édoné », dans sa quintessence no't déesse" du lac Pérodeau ».
Alors pour bien des hommes et des femmes de cette campagne, « Édoné », comme ils l'appelaient existait bel et bien, et elle hantait la sacristie de la cathédrale depuis très longtemps, donc il était temps que le monde le sache la vérité !
Et que quelqu'un le prouve, et ce quelqu'un, c'était pour être moi !
Car vous pouvez, vous imaginez que sachant cela, le curieux et intrépide journaliste que je suis n'a pas hésité une seule seconde avant d'accepter le « contrat » de la cathédrale du lac Pérodeau.
Bon, c’était un samedi soir et c'était aussi quand même à 50 km de route de chez moi sur un chemin de gravier qu'on aurait juré avoir été dessiné par un ingénieur qui suivait une couleuvre, fort heureusement le déplacement en valait la peine, puisque primo, j'étais grassement payé et secundo, j’avais bien l’intention de découvrir quelques-uns des secrets de la cathédrale.
Je voulais également découvrir une fois pour toutes si oui ou non cette vieille cathédrale avec son clocher accroché dans les nuages des montagnes Florentiennes, était vraiment « habitée » par un fantôme, qui en plus serait une femme d'une beauté inégalable.
Dans le meilleur des cas, j'allais avoir à tout le moins une bonne histoire racontée.
Donc selon les ouï-dire des habitants, que ce soit soit des hommes ou des femmes, Madame Édoné, c'était la quintessence des femmes !
En ce qui me concerne, je n’avais jamais eu la chance, du moins à ce jour, de croiser « un fantôme » et encore moins la Déesse Édoné qui était dans le club de la « quintessence » des femmes.
D’ailleurs, je n'étais pas certain de connaître la définition précise de quintessence.
Donc, Google étant mon ami, je lui ai demandé.
C’est : « Ce en quoi se résument l'essentiel et le plus pur de la femme ou de quelque chose ».
Et cela « le plus pur de la femme et de quelque chose dans la mini paroisse du lac Pérodeau » c’était la « tite divine féminine » cachée dans la bonne maison de Dieu ou les voies sont impénétrables.
Mais quand on y pense, qui sait vraiment si dans certains lieux comme dans le cas d'une très vieille cathédrale âgée de 300 ans il ne traîne pas encore par ci, par là quelques âmes égarées perdues entre deux dimensions quelconques, disparues depuis longtemps elles y vagabondent pour passer le temps en s'y sentant, d'une certaine façon, rassurées.
De mon côté, j’ai toujours pensé qu’il n’y a absolument rien d’impossible, j'ai même un exemple qui exprime la chose, ne le prouve pas, mais presque.
Donc le matin du spectacle que je devais « animer » à mon réveil, il faisait un temps de chien, tout d'abord un ciel de plomb et une minute par la suite, un mélange de pluies et de lourdes neiges mouillées obscurcissait ma fenêtre tandis qu'un vent du Nord soufflait en échevelant les feuilles mortes restantes de mon terrain.
On était en novembre, le mois des morts et il semblait bien que le mois, aujourd'hui pour moi, il avait enfilé son habit d'enterrement avec, dans le ciel, une débauche de tons de gris et de bruns qui fendaient le firmament.
Après mon expresso et une bouchée de croissant, je sautai dans ma MG et me mis en route vers la cathédrale du lac Pérodeau du 19e rang Nord, un rang de campagne qui, à ce temps-ci de l'année, était réputé pour la densité de sa brume qui transformait les vaches en quidams fantomatiques.
Après quelques kilomètres sur le chemin de terre du rang 17 menant au 19e, le brouillard se dissipa et la pluie s'accentua.
D'ailleurs, en quelques secondes c'étaient les chutes Niagara dans mon pare-brise dont les essuie-glaces n'essuyaient pas assez pour affronter ces grosses gouttes et ces éclaboussures qui formaient dans mon champ de vision des vagues au gré du vent totalement indécis.
Je ne me souvenais plus précisément de la route à prendre pour s'y rendre sur le 17e rang en direction de la cathédrale du lac Pérodeau, car la dernière fois que j'avais mis les pieds-là, c'était à mon adolescence et j'entrai donc l'info dans mon téléphone.
Siri me dit de sa charmante voix : « Tourner à droite à la prochaine intersection et continuer sur 58 km ».
J'avais donc plus de 60 km à faire sur une route de gravier, probablement pleine de trous et de ventres de bœuf.
Alors que j'entends encore le bon curé me dire « ça ne prend pas la tête à Papineau pis ce n'est pas si loin que ça, écoute-moi bien une fois sur le boulevard (de la ville ou j'habitais soit Pont-Laurier) tu prends à droite sur le 19e rang et après tu continues tout droit, au bout de 20 minutes, tu prends la fourche à gauche pis l'autre à gauche encore ».
Droite gauche gauche...ouais...
Sauf que là...
La première à droite sur le boulevard ?
Est-ce qu'elle comptait pour la droite ?
Celle du curé ?
Roulant donc depuis une bonne vingtaine de minutes en tentant du mieux que je pouvais d'éviter les trous, The Clash et Joe Strummer hurlait fort dans mes oreilles « Should I stay, or should i go NOW !
...
Come on baby let me know !! » J'avançais à travers des champs et d'autres champs avec plein de vaches (qui d'ailleurs à mon passage devant elles me regardaient en ayant l'air de dire « regardez le touriste, un autre perdu qui va repasser dans 5 minutes »), et de mon côté j'avais beau regarder à l'horizon, je ne voyais toujours aucun clocher.
J'avais l'impression que je roulais depuis des heures et lentement, je commençais à m'impatienter...Un tantinet...Je montai le volume d'un cran...
« Come on baby let me know Should I stay, or should I go»...
Je roulais depuis déjà trop longtemps sur ce chemin de terre et il n'y en avait pas eu de fourche à gauche !
Et le pire arriva soudainement.
La route s'arrêtait devant moi...Plus de route j'étais face à un cul-de-sac.
J'étais abouti devant une clôture avec de l'autre côté un troupeau de vaches presque orange qui, elles aussi, avaient l'air de se foutre de ma gueule.
Je rebroussai chemin et 5 minutes plus tard, ayant tourné à droite sur le 18e rang Ouest au lieu de tourner à gauche, j'étais maintenant face à une intersection à 4 fourches.
Il était temps d'utiliser la technologie...
Cependant, le truc auquel je n’avais pas pensé arriva, juste là, au milieu de nulle part à cette fameuse intersection du chemin du bassin ouest et est et des routes nord et sud avec pas de nom sur la pancarte.
Aucune connexion au réseau et ce n'est qu’à ce moment que j’ai invoqué plusieurs dieux dans un langage pas très biblique, car plus de signaux sur mon téléphone, donc plus de guide de navigation pour m’indiquer de quel côté je devais tourner, côté champs de maïs rasé ou côté forêt de sapins à perte de vue ?
J'ai décidé de simplement abaisser ma vitre, m’étirer le cou afin de voir si au loin par hasard, je n’apercevais pas...
un clocher.
Un seul coup d’œil me permit de réaliser que non, au loin, il n’y avait que des milliers d’outardes en formation de V qui toutes fuyaient direction plein sud.
Plus de guide de navigation et aucune idée si c’est à gauche ou à droite que je devais tourner, j’ai alors décidé de suivre les outardes et d'aller moi aussi vers le sud.
Quinze kilomètres plus loin et sans jamais avoir croisé une seule âme qui vit, oh merci mon Dieu, dans mon pare-brise fissuré apparu au travers des taches de boue et de bouse, oui aussi de bouse.
Le clocher !
Le clocher !
Le clocher !!
Je regardai ma montre, j’avais 60 minutes d’avance, je n’ai rien compris de ma gestion du temps, car mon système de navigation disait 1h07...Mais j'ai fait le trajet en 30 minutes et bizarrement, la route m’avait paru vraiment interminable.
Avant de descendre de ma vieille MGB 62 qui avait tenu le coup malgré l’état lamentable de la route menant ici, je me regardai dans le minuscule miroir de ma belle Britannique.
(Petit détail à mentionner lorsque je vais faire une présentation, et vu mes cachets un peu plus élevés que la moyenne, je donne toujours le sentiment à mes clients qu’ils ont engagé le meilleur et je le fais avec beaucoup de rigueur professionnelle).
Donc, en ce qui concerne mon apparence physique, il faut qu'elle soit actuelle et de tendance chic.
Selon ma fille, (la plus vieille de mes 5 enfants que j’ai eus avec trois femmes) je suis comme un mélange entre David Bowie, John Lennon et Mick Jagger, ce qui est, je dois l’avouer assez flatteur, mais bon chaque humain a sa propre perception de l’autre.
Ayant donc choisi de porter un veston en suède tabac avec chemise bleu azur et nœud papillon en bois, j’étais pour me fondre dans le paysage pastoral provincial.
Je descendis rapidement de voiture, car il pleuvait encore des cordes.
Au pas de course, je gravis deux par deux les marches du parvis de la cathédrale et une fois debout devant les portes, je constatai qu'elles étaient plus qu'impressionnantes, elles étaient carrément gigantesques et je pense assez larges pour y faire entrer un attelage de chevaux lourd.
Juste à gauche et totalement disproportionnée par rapport à la taille de la porte, une mini cloche genre fée clochette qui elle ne brillait pas, complètement rouillée attendait.
Ne voyant pas d’autres alternatives, je tentai le coup de la faire sonner.
Après avoir appuyé une bonne vingtaine de fois et attendu un bon 5 minutes sous la pluie sans aucune réponse je collai mon oreille sur la porte pour essayer d'entendre des bruits de pas ou du moins quelque chose...Et là Bang !
Je faillis l'avoir sur le nez la porte.
Une dame très âgée m'ouvrit en poussant de toutes ses forces sur ce mastodonte de bois et là avec sa petite tête de souris dans la fente elle me murmura quelque chose que je présumais être, bonjour jeune homme suivez-moi...
Car je n'avais absolument rien compris de ce qu'elle venait de me dire.
Elle avait marmonné cela et je n'étais même pas certain qu'elle l'avait fait en français.
D'un geste sans équivoque presque comme un ordre et en marmonnant encore quelque chose d'incompréhensible, elle me fit comprendre que je devais la suivre.
Marchant derrière elle dans ce large couloir qui me parut 1 kilomètre de long, cette vieille dame trottinait comme une petite souris poursuivie par un chat affamé puis une bonne dizaine de mètres plus loin dans ce couloir sombre et froid qui me semblait interminable, elle s'arrêta net...
Devant rien.
Il n'y avait rien, pas d'autres couloirs, pas de portes, rien.
Figée là, elle marmonnait encore quelque chose d'inaudible...
Et puis se tourna vers moi et me regarda d'un drôle d'air.
À ce moment précis, la vieille dame ouvrit grand sa bouche et prit une très grande expiration, je me suis dit mon Dieu, elle se dégonfle (et j'eus beaucoup de difficulté à camoufler mon sourire).
D'un coup elle tira très fort, sûrement de toutes ses forces, sur une poignée que je ne voyais pas sur le mur de gauche.
Très lentement, une porte s'ouvrit dans le mur de bois et elle s'ouvrit sur une très grande salle d'une richesse renversante.
Les murs étaient couverts de feuilles d'or et de boiseries fines de toute beauté, c'est bien simple, le décor ressemblait au Palais de Windsor avec ses meubles de style Eastlake et ses lustres de cristal accrochés à un plafond d'au moins 10 mètres de haut.
Tellement captivé par la beauté de l'architecture de cette salle, que j'en oubliais qu'il y avait des gens devant moi.
Et c'est là que j'aperçus le « comité d’accueil », une dizaine de bonnes sœurs toutes de brun chocolat et de jaune moutarde vêtues et toutes placées en rangs d’oignons.
La scène était digne d'un film de Stephen King.
Elles me souriaient toutes...
Et les sœurs avaient aussi exactement toute la même expression et toutes n'avaient pas de dents.
Un spectacle horrible, j'étais dans un film d'horreur.
C'est à cet instant précis que je me suis dit « au diable le cash » !
Je me pousse d'ici !
Mais à gauche d'un homme qui dormait déjà debout, que je venais tout juste de voir, le curé Delambert et la star Christian Christian en personne sortaient du rang comme deux soldats appelés par leur capitaine.
Le curé et sa « future vedette de chants chrétiens internationale » que dis-je, mondiale, m’accueillirent donc avec une froide et incertaine cérémonie.
On me présenta par la suite en vitesse au chœur de vieilles bonnes vieilles sœurs qui entama d'un trait un alléluia bien senti avec ceux que je n'avais pas vus encore et que je pensais être des bénévoles, eux cachés derrière les sœurs du lac Pérodeau.
Une fois l'alléluia fini, tout sourire cette fois, Christian Christian vint me serrer la main en me remerciant trop.
Le curé lui, après avoir oublié de me dire bonjour me prit par le bras et m’amena dans l’arrière-boutique de Dieu presque au pas de course.
Là, il m’expliqua bien trop longtemps ce que j’avais à faire (et que je savais déjà) et, mauvaise surprise, me dit que le spectacle serait retardé d’au moins une heure en raison des mauvaises conditions routières et qu'il voulait absolument laisser le temps à la centaine de fidèles attendue de faire la route, car « Les ch'min sont ruff ».
Pauvre Christian Christian qui affichait une déception et une inquiétude évidente.
Je n’ai pas osé lui dire qu'il était totalement impossible que 100 personnes se déplacent pour assister à son spectacle un samedi soir de novembre et en plein milieu de nulle part avec la ville la plus proche située à 60 kilomètres.
À la blague, je dis à Christian Christian, « demande un miracle au curé mon ami ! »...
Il ne m'a même pas trouvé drôle.
D'ailleurs il faut avouer que Christian Christian était un nom qui manquait totalement d'originalité, c'était du rarement vue et tout le monde se demandait bien "Qu'est-ce que ses parents ont bien pu penser de le nommer comme ça?
Pourquoi pas Christian the third !
ou the second !
qui aurait été plus facile de le présenter que d'avoir à annoncer un Christian Christian au micro...
Ça fait bizarre et drôle à dire.
Donc, avec pas beaucoup d’affabilité, le curé m’indiqua rapidement et très clairement l’endroit où je devais attendre tranquille et m’a-t-on spécifié sans faire de bruit.
Sans faire de bruit ?
Avec quoi faire du bruit ?
Qu’il est bizarre ce curé.
Il passa devant moi presque au galop et traversa la salle jusqu'au fond où il ouvrit encore une autre porte camouflée dans le décor du mur et me pointa avec son gros doigt la sacristie ou une belle petite chaise d’écolier en bois placée face à ce qui avait l’air d’être un autel de rechange...
Elle m’attendait là comme morte depuis 100 ans.
N’ayant donc absolument rien d'autre à faire pour les 120 prochaines minutes (c'est long 2 heures) j'examinais les lieux et je réalisai que l'architecture ici était fort impressionnante.
Le plafond de cette pièce semblait carrément accroché au ciel et il y avait sur tous les murs des tapisseries ornées de parures qui avaient probablement déjà été dorées, mais plus aujourd'hui.
Chose certaine, il se dégageait de cet endroit une drôle d'atmosphère, un mélange de tranquillité.
Trop tranquille.
Et en plus, ça sentait bizarre.
Après cet accueil presque mortuaire et malgré ma récente indisposition à apprécier l’endroit, une fois tout seul et tranquille, je constatai que même assis sur une chaise de bois très inconfortable, l’atmosphère qui se dégageait de cette vieille sacristie à la retraite était curieuse et maintenant un peu plus feutrée, presque douillette.
Malheureusement, juste de l'autre côté du mur, les fausses notes du mauvais chanteur en répétition traversaient la pierre millénaire comme des ultra-sons et venaient bien tristement et totalement perturber la quiétude de ce lieu sacré.
N’ayant vraiment rien d’autre à faire et deux longues heures à attendre ici, pas d’Internet sur mon téléphone pour m’occuper et donc beaucoup de temps à perdre, je croisai les jambes et décroisai les bras, durant une quinzaine de minutes admirant le paysage biblique à la recherche de je ne savais pas trop quoi, mais je cherchais quelque chose.
Mes yeux se posèrent sur les toiles anciennes accrochées à la queue leu leu sur presque tous les murs.
C’étaient des peintures d'un chemin de croix et Seigneur qu'elles étaient laides, elles semblaient avoir été peintes avec les pieds et juraient carrément avec la richesse de la structure architecturale qui elle, était impressionnante, mais beaucoup moins que la salle ou j'étais auparavant.
En faisant le tour de la pièce des yeux, mon attention fut attirée soudainement par ce qui avait l’air d’être un vieux confessionnal, donnant l'impression d'avoir poussé sur le mur du fond...
On aurait dit un paletot de bois suspendu à l’épaule de Dieu.
L’imposante cabane de bois de rose qu’on avait construite là il y a des lunes n’avait cependant absolument rien d’invitant pour un lieu où on allait pour se faire pardonner de nos péchés.
La sévérité de son aspect extérieur ne donnait pas du tout l’envie d’y entrer et de s’y confier… Même à Dieu.
Ne m’étant pas confessé depuis l’école primaire, il me traversa l’esprit que malgré son âge avancé et tous les péchés qu’on y avait enfermés, ce vieil isoloir à la retraite n’était pas encore assez mûr pour entendre les miens sans en scandaliser les oreilles de Dieu.
Cependant, cela me démangeait d'aller voir dedans...
Qu’à cela ne tienne j’y vais.
Sur la pointe des pieds comme un gamin s’apprêtant à faire une connerie, je me levai et me dirigeai vers le confessionnal.
Une fois à mi-parcours, j’entendis des pas… Les pas de quelqu’un qui marche des talons !
Des pas d’éléphants, on aurait juré sur la bible que celui qui s'en venait pesait 400 livres.
OMG bon Dieu… J’eus juste le temps de retourner sur ma chaise avant que la personne entre, mais il était clair que ce n'était que partie remise, car, oui, j'avais bien l'intention d'y retourner pour voir s'il contenait encore quelque chose.
Fausse alerte, personne ne vint me contrôler !
La personne avait passé tout droit.
J'avais le temps d'agir et je me demandais bien ce que j'étais pour trouver dans le vieux confessionnal abandonné, si évidemment, il contenait encore quelque chose.
Je tendis à nouveau l'oreille.
Pas de bruit de pas et le chanteur chantait toujours, c'était le bon moment !
Encore plus léger que le vent, je me levai en me dirigeant vers le lieu bourré de péchés que j'espérais pardonnés, une fois devant, je pris le temps de regarder comment l'ouvrir, tira sur la bobinette, la chevillette cherra !
Le curé DeLambert entra dans la sacristie au même instant !
« Nous allons attendre encore un peu Day, les gens tardent à arriver, les chemins sont toujours aussi mauvais » et d'un coup, il tourna les talons et retourna aussitôt d’où il était arrivé !
J'ai failli mourir là...
Breaking News : « Un journaliste retrouvé mort dans le confessionnal de la cathédrale du lac Pérodeau ».
J'ai laissé durant quelques secondes mon rythme cardiaque diminuer un peu...
Et j'ai ouvert la porte du vieux confessionnal...
Celle destinée uniquement aux curés.
Je me suis retrouvé devant un petit espace, comme dans une boîte qui sentait le moisi, devant moi, il y avait un tout petit siège de bois et sur le mur de droite non pas une grille pour parler aux pécheurs, mais un tabernacle.
Une œuvre d'art !
Ce tabernacle ancien avait été sculpté dans du bois de rose par un artiste-sculpteur de grand talent et il était magnifique.
Trop curieux de voir ce qu'il contenait, je l'ouvris d'un coup.
À l'intérieur...
Une tablette avec dans un coin quelques petites fioles poussiéreuses, une autre petite boîte, celle-ci en métal, un crucifix et rien d'autre.
Je pris une des petites bouteilles en vitres dont le contenu était d'un jaune champagne.
Je retirai le bouchon de liège assez facilement, l'approchai de mon nez pour savoir ce que cela sentait.
Ça sentait bon.
Ça sentait comme du vin de messe...
La porte s'ouvrit à nouveau derrière moi, presque pris de panique, et trop loin de ma chaise pour y retourner sans que celui qui venait d'ouvrir la porte réalise que je fouillais dans le confessionnal, juste avant de me retourner, j’ignore si ce fut par nervosité ou par inconscience, j’ai bu d’un trait le contenant de la fiole qui sentait bon et la lançai par-dessus mon épaule.
Le liquide était un peu "épais" comme de la mélasse, mais il ne goûtait pas méchant, moins que j'aurais pensé en tout cas et ça avait même bon goût.
J’hésitais entre du vieux vin de messe et du très très vieux vin de messe.
Au fond de la pièce...
Une fois encore personne devant moi, c'était mon jour de chance...
La porte se referma avant de s'ouvrir au complet !
Fausse alerte ...
Encore!
Vous pouvez facilement imaginer comme on se sent con dans des situations comme ça, presque pris sur le fait.
Je repris donc ma place sur la chaise d’école en me questionnant beaucoup sur ce que je venais de boire d'un trait sans réfléchir et sans savoir ce que c'était vraiment.
J'avais beau réfléchir, mais je ne voyais aucune façon de savoir ce qu'il y avait dans la fiole sans le demander au curé, ce qui était hors de question.
Il ne me restait donc plus qu'à attendre, afin de voir si quelque chose de bizarre était pour m'arriver, ou si j'étais pour être malade, de toute façon pour tout de suite il n'y avait rien d'autre à faire que de me trouver un peu stupide.
Pas plus inquiet que cela, je me dis que comme d'habitude tout était pour bien aller !
Cependant, durant quelques secondes, c'est comme si une explosion de dynamite venait de me déchirer les tripes...
Mais seulement quelques secondes.
La douleur s'estompa comme elle était venue.
En pénitence sur ma chaise, la pièce ou j'étais, (je venais de le réaliser) était octogonale et chaque section des 8 murs tout en bois brillait comme frais vernis.
Le plus impressionnant était cependant la hauteur du plafond, il devait faire au moins 10 mètres de haut et il était rond, un plafond rond avec des nuages bleu poudre peint dessus...
Qui venait gâcher le spectacle.
Sur les murs, il y avait des cadres partout et plein d'icônes, de crucifix, de chandeliers, de rameaux jaunes jaunis, tandis que la section du bas des murs de la sacristie où j'étais en pénitence, elle était pâlie et écaillée par le temps.
Je remarquai aussi que toutes les portes de cette salle octogonale étaient de toute beauté, elles étaient aussi, je venais de le réaliser, beaucoup plus grosses qu'à la normale, et étaient toutes ornées de petites fines boiseries, comme de la dentelle sculptée dans un bois noble par un maître de la chose.
Sur d'autres, c'étaient des chérubins, des anges, des colombes tous taillés avec beaucoup d'habileté, et ce aussi dans une essence de bois « précieuse couleur bronze ».
Je me dis que toutes ses portes par lesquelles on aurait pu faire passer un éléphant avaient dû être franchises par de drôles et bizarres de personnages et probablement aussi franchises par des milliers de soutanes et des collets romains aux fils des années...
Après de longues minutes à regarder encore une fois ce qu'il y avait sur les murs, et à nouveau le bleu poudre du plafond rond et encore la décoration, j'ignore pourquoi, mais j'étais certain qu'il y avait quelque chose qui clochait dans le décor, mais qu’est-ce que c’était, qu'y avait-il d'étrange ici ?
Souriant, il me passa dans la tête que de toute façon, moi et Dieu, on avait une drôle de relation et que là, je lui cherchais en quelque sorte des puces et qui sait si j’allais peut-être en payer un jour le prix.
Continuant d’examiner les murs et ainsi que chaque recoin de la pièce avec minutie, je n’arrivais toujours pas à mettre le doigt sur ce qui donnait cette allure insolite à la sacristie où j’étais.
Mais qu’est-ce qui n’allait pas ici ?
Qu’y avait-il de si étrange pour que cela me titille à ce point ?
J'avais beau regarder partout, je ne voyais rien, mais oui, il y avait quelque chose d'étrangement bizarre qui se dégageait d'ici.
J’aurais eu le temps d’égrainer de nombreux chapelets si par hasard, je n’avais pas été spontanément et subrepticement illuminé.
Bang !
Comme une porte sur le nez, un flash dans ma tête !
Il y a 6 portes ici...
C'est cela le problème...
Y avait trop de portes pour le nombre de murs.
Mise à part celle par où j'étais entrée, j’en comptais donc six, dont 3 ne semblaient aboutir nulle part.
Sans fenêtre, elles étaient presque toutes voisines de vitraux et on constatait facilement que de l’autre côté des portes, il n’y avait rien.
L’explication qui me vint en tête était que, dans un passé lointain, il y avait peut-être eu ici une chapelle adjacente qui depuis avait peut-être été rasée par les flammes ou tout simplement détruite et on avait laissé les portes qui menaient de la sacristie encore en place.
Je me suis dit que je poserais la question au bon curé DeLambert...
Quand il réapparaîtra !!!!
J'attendais déjà depuis 25 minutes qu'il vienne me chercher...
Je commençais à trouver le temps long, et repris mon équation de porte...
Donc six portes, 3 menant nulle part (car une fois ouverte...
de l'autre côté, c'était le vide), car nous étions au 2e étage...
Et donc 3 portes pour 8 murs, et une autre toute petite au fond de la pièce dont on aurait dit qu'elle avait été volontairement dissimulée, car elle était partiellement camouflée derrière un autel à la retraite et derrière une très grosse plante en caoutchouc ou en plastique...
Mais le plus intéressant, c'est qu'elle était entrouverte, la petite porte naine, et elle attira spécialement mon attention.
Était-ce une des portes secrètes ensorcelantes et intrigantes dont parlait la légende ?
En l'examinant, mais en demeurant sur ma petite et inconfortable chaise d'écolier, je constatai que cette porte avait effectivement l'air petite, même que trop petite pour qu’un adulte y passe debout...
La « tite » porte semblait en pénitence comme moi, mais elle, comme à genoux face au mur.
Je tendis l'oreille afin de m'assurer que personne n'approchait de nouveau, pas question de me faire surprendre en train de fouiner dans les affaires de Dieu !
N'entendant pas de pas, je me levai de ma place et sur la pointe des pieds comme une petite souris, je m'approchai de cette petite porte.
Une fois tout près, je regardai par la fente et je vis ce qui me semblait être un début d'escalier qui menait plus bas, mais que ni la lumière du jour ni celle des vieux lampions n’atteignaient jusqu'en bas.
De plus, on avait aussi bloqué le passage de l'escalier, mais cette fois avec de gros chandeliers et des gros crucifix de bronze sur pied.
Je me suis dit « c'est certain que l'on ne veut pas que quelqu’un s’y aventure ».
Le couloir semblait avoir été condamné ?
J'étais rendu trop proche du but pour ne pas aller voir ce qu'il y avait plus bas, donc au bout de l'escalier.
En descendant lentement et à l'aveuglette l'escalier dont les marches donnaient l’impression d’avoir été creusée à la main dans le ventre de l’église, j'avais la vilaine impression que je me dirigeais dans les entrailles de cette vieille cathédrale pleine de secrets ou encore vers une tombe ou un ancien caveau funéraire.
C'est ce à quoi j'ai pensé sur le coup.
Au bas des marches, un autre passage se dessinait, mais cette fois étroitement entre deux cloisons de pierre et menait en point de fuite jusqu'à quelque chose dont j’étais trop loin pour bien voir ce que c'était.
Cependant, au bout du passage ou du tunnel, il semblait y avoir de la lumière, c’était bien assez pour me mettre dans la tête de m'y faufiler afin de voir ce qu'il y avait au bout.
Mon plan semblait bon et mon aventure se poursuivait.
J’étais seul et tant et aussi longtemps que le chanteur religieusement mauvais continuerait son vacarme, j’avais encore du temps devant moi, mais le moment était venu de passer à l’action même au risque de me faire surprendre.
Si jamais, par inadvertance, le vicaire ou pire le curé DeLambert se pointait, il me sera facile d’expliquer mon geste par ma nature trop curieuse.
C’est une vieille horloge poussiéreuse (que je n'avais pas vue sur la paroi rocheuse de droite) et dont le tic-tac régulier rythmait avec une indolente solennité le rythme de mon cœur qui me sortit de la lune, car fort elle sonna trois fois...
Dong !
Dong !
Dong !
Et là, après trois sonneries consécutives...
Plus rien, et il n'était pas trois heures.
Cependant, j'eus l'impression d'entendre quelque chose d'autre à la suite du dernier « dong » grave de l'horloge.
Comme un bout de phrase.
Oui...
Après la sonnerie, une voix avait murmuré quelque chose.
J'ignore pourquoi, mais sans trouver étonnant d’entendre des voix, j'avançai quand même à pas de tortue, très paresseusement et tranquillement, je poursuivis ma balade un pas à la fois sur le sol de pierre abîmé vers ce qui se trouvait au fond du couloir.
D'où j'étais je pouvais maintenant bien voir ce qu'il y avait au fond, c’était un portail en fer forgé avec une poignée de verre de la taille d’un bouton de soutane.
Aucune autre alternative, rendu là.
Je me devais absolument d'ouvrir le portail en fer forgé.
Rien ne pouvait plus m’arrêter maintenant, j’avais la ferme intention de le franchir pour voir ce qu'il y avait de l'autre côté.
Une fois devant j'ai bien vu que sa poignée de vitre était trop abîmée pour résister à un coup de pied, mais il m'en fallut toutefois deux pour la faire flancher.
Je tendis à nouveau l’oreille et mis ma main moite et tremblante sur la poignée, qui me surprit par sa froideur, mais qui sans se lamenter, résista à peine et s’entrouvrit.
Il ne se passa rien, ni tambour ni trompette, pas d’alarme.
Une fois le portail franchi, il semblait y avoir encore une autre sorte de cavité dans la pierre...
Peut-être un tombeau ?
Puisque juste à l'entrée de cette cavité, il y avait une inscription gravée sur une des colonnes qui faisait office de porte d'entrée.
Dans le marbre, il était écrit « Pulchra sunt quae visa placent ».
La beauté est ce qui plaît à nos sens !
Une phrase que je pensais être de Saint-François D'Assise, que d'ailleurs, j'ai trouvé un peu curieuse d'être gravée là considérant la nature de François!!
Juste de l'autre côté des colonnes, une chaleur réconfortante et apaisante comme celle d’un feu de foyer, une chaleur, douce comme une caresse venait de cet espace.
Sans hésiter, je fis un pas et j’y entrai.
Un peu craintif sur les bords et ignorant pourquoi, j’avais cependant maintenant le front en sueur et mon cœur palpitait fort.
Dans ma tête de journaliste trop curieux, une voix venue probablement des cieux ou du plus haut des cieux me chuchota très clairement et distinctement de refermer la porte du « portail ».
« Ouf qu’est ce qui se passe ici ?
J’entends des voix maintenant? ».Je bois toujours un ou deux scotchs avant d’aller au boulot, mais je n’étais pas ivre du tout, pas une miette, cependant, je me sentais un tantinet bizarre, un peu « feeling » et confus sur les bords, un peu comme si j'avais fumé un gros joint de hachisch ! Voilà qu'encore une fois, j'entendis « Entre Day ».
« DAY » !
C'était quand même mon prénom que je venais d'entendre...
Ouais, j'ai trop d'imagination !
Cela méritait quand même réflexion cependant, prudence, j’ai un show à présenter dans pas longtemps et probablement que Christian Christian achève de beugler.
Mais peu importe.
Par contre...
Une question me titilla une fois entré, suis-je désormais pris au piège dans cette sorte de nef funéraire ?
Au fond de ce gros trou creusé dans la pierre, et cela, jusqu'à ma mort ?
La question se posait...
J'ai regardé derrière moi si le portail était toujours ouvert.
Il l'était.
Au même instant, la même voix venue d’ailleurs que tantôt me répéta « N’aie pas peur...
Day, viens, avance encore un peu ».
Là, je l'avais réellement entendu.
Et c'était une voix de femme aucun doute là-dessus.
Au même instant, une autre voix rappliqua, celle-là dans ma tête.
Elle me répéta « Entre au paradis, entre au paradis » pour autant que je sache que lorsque qu’on entre au paradis il y a de fortes chances pour qu’on l'on n'en ressorte pas.
C’est précisément à cet instant, subrepticement et comme par magie, que je pense avoir vu quelque chose de vraiment étrange et très attirant sur le mur du fond du trou...
Comme une silhouette ...
Flou et qui sentait bon.
Sans plus me soucier une seule seconde de ce que je risquais et à la lumière de ce que j’avais vu où penser voir, pour le revoir, ça, j’aurais mis les pieds en enfer sur-le-champ et sans hésiter une seule seconde, oui une seule seconde.
J’ai toujours eu beaucoup de difficulté à dire non, et d'avantage à la tentation.
Là, c'était totalement trop tentant d'aller plus loin dans ce que j'étais en train de vivre et en même temps, je trouvais que cela n'avait aucun sens.
Tandis que Christian Christian chantait, mon cœur lui dansait dans ma tête !
J'avais entrevu quelque chose au fond du trou, j'en étais convaincu.
Une lueur, toute petite, un fil de lumière qui bougeait comme une plume au vent.
Je ne sais pas pourquoi, mais sur le coup, j'ai pensé à la plume à la fin du film Forest Gump...
Mais allez savoir pourquoi je n'ai pas pensé que cela pouvait aussi signifier comme la fin.
La fin de mon film à moi.
Cependant, la lueur ou la lumière toujours de la forme d'une plume, grossissait lentement au fond du trou.
Plus je la regardais et plus elle grandissait.
Les minutes suivantes, j'en ai manqué un bout, je pense, j'étais dans ma tête, immobile, figé là au fond du trou du fond du couloir, au bas de l'escalier que l'on ne voyait pas.
Finalement, j'étais bien caché et pas de nouvelle du curé...
Encore, cependant, Christian Christian je ne l'entendais plus, mais j'étais décidé dur comme fer de rester à l’intérieur de cette alcôve, dans ce nid, et que peut-être le fil de lumière que j'avais vu, ou ma vision me rendrait justice.
Je me dis que les événements qui, peut-être allaient suivre allaient possiblement me mériter une sacrée bonne histoire à raconter ou à écrire.
Toujours debout et immobile dans ce trou d'une noirceur à moitié bleu foncé, j’attendais, mais j’ignorais complètement ce que j’attendais.
Pendant une seconde, j'ai vu quelque chose de plus précis...
Du moins assez pour me permettre de définir un peu mieux la dimension de la pièce où j’étais.
Pendant que mes pupilles tentaient toujours de s’adapter à l’éclairage, je constatai, en plissant les yeux, un peu déçu, qu’il n’y avait rien où j'étais.
J’étais, on dirait bien dans un espace sans plafond ni mur, il faisait trop noir, et même que je n’étais plus du tout certain qu’il y avait un plancher.
La minute suivante, un vertige me frappa sournoisement, je fis un pas en avant pour reprendre mon équilibre et butai contre quelque chose de dur qui ne bougea pas d’un poil et cela semblait gros !
Mes yeux s’adaptant un peu plus à l’obscurité, je vis juste devant moi une espèce de trône en bois d'environ 3 mètres de haut, il semblait d'ailleurs avoir été placé là juste pour moi, moi le visiteur, la victime, l’heureux élu, l’invité attendu, ou les quatre à la fois, je ne sais pas, mais je savais qu'il était pour moi.
En guise de réponse la luciole ou je ne sais pas quoi réapparu, mais me donnait alors l'impression d'être plus loin d'où elle était il y a quelques minutes auparavant.
Comme plus au fond de la « pièce » où j'étais.
À nouveau, le minuscule fil de lumière se découpa de l'espace et là comme un projecteur de cinéma, un jet de lumière tapissa graduellement le fond du trou.
On aurait dit un écran, cependant rond, oui, arrondi comme un œil de poisson.
C'était incompréhensible, ça n'avait pas de sens, mais c'était sous mes yeux.
C'est à ce moment que j'ai pensé aux histoires de fantôme et de couloir et pièces secrètes dont les habitants parlaient.
L'histoire de secte de bonnes sœurs adoratrices de je ne sais pas trop quoi et de leur pièce non découverte, mais surtout, j'ai pensé au fantôme et à la légende de la « tite divine féminine » dont parlait les vieux du village.
Ils le disaient tous et ils étaient tous certains à 100 % que la « tite divine féminine » était cachée dans le cœur des murs de la cathédrale.
Ils disaient tous aussi que c'est une fois la nuit venue durant que de fidèles paroissiens venaient à la cathédrale pour se repentir de leurs péchés charnels qu'elle apparaissait.
Et là, surprise...
Le rond de lumière du fond du trou semblait grossir encore, toujours là et de plus en plus au foyer, plus clair, plus défini au fond de l'espace juste devant le trône de bois.
J'ai pensé cette fois à une vitrine de grand magasin, la vitrine d'une énorme confiserie et moi comme un petit garçon, je me trouvais face à un méga étalage de bonbons multicolores en me léchant les babines.
Me questionnant très sérieusement sur mon état de santé mentale actuel, je réalisais fort bien que depuis mon arrivée ici, dans ce trou, les situations irréelles se succédaient à un rythme effarant et aussi assez inquiétant, sans dire que je me sentais de plus en plus bizarre.
Ma vue semblait différente, mon ouïe aussi et mon cœur lui...
Battait fort plus fort que d'habitude.
Plus le temps passait, plus dans ma bouche des saveurs explosaient en faisant naître en moi des émotions qui n’étaient pas du tout en accord avec la nature des lieux, où les plaisirs de la chair ne sont pas nécessairement encouragés.
Du coup, l’atmosphère se chargea d’électricité, des milliers d’ions couraient dans tous les sens dégageant au passage des courants chauds qui donnèrent naissance à quelque chose que je pouvais presque bien voir au fond de cette alcôve.
Et là, comme par magie, se découpant du point chaud de la lumière, une femme tout enrobée d’une lueur de couleur de miel, telle une fleur qui éclot, se matérialisa très doucement devant moi.
Son visage m'apparut et ses yeux me fixaient comme deux fusils chargés à bloc...
Elle me voyait, je la voyais et ses yeux, eux, étaient d'un vert qui était le plus beau de tous les verts que j'avais eu la chance de voir.
Ses yeux étaient plus verts que le vert d'une feuille de rose, plus vert qu'une émeraude, plus vert que la mer des Caraïbes, l'ultime vert !
Me sentant scruter à la loupe par ce divin regard qui était dirigé directement vers moi, ses lèvres m'apparurent plus clairement, sa bouche et ses lèvres si belles et si rouges, et...
Elles me souriaient avec beaucoup de gourmandise.
J'avais maintenant la silhouette de cette magnifique femme en pleine face, c'était la « tite divine féminine » de la légende, aucun doute, c'était elle.
En état de choc, stupéfait, complètement renversé de la situation dans laquelle je me trouvais, je pris place dans le trône ou peut-être que j'étais déjà assis dessus, je ne sais plus.
J'avais presque l'impression d'être le témoin d'une sorte d'acte divin comme si Dieu devenait un artiste et qu'il me présentait sa dernière création invisible derrière celle-ci.
J'ai aussi cru entendre mon nom à ce moment-là, mais pas certain non plus.
Je ne comprenais plus rien, c’en était trop, je devenais fou...
Je sors d’ici.
Je tentai de me lever, mais en étais incapable.
Mort d'envie, mon corps ne voulait pas suivre, comme s'il obéissait à un ordre sacré, une règle que l’on ne pouvait transgresser.
Mon corps se fondait maintenant au creux de ce trône de bois qui me retenait prisonnier comme si, quand j’avais accepté d’y prendre place, j’avais conclu un accord avec lui.
À cet instant précis, je me suis dit : « Je n’ai pas le choix d’attendre et de voir la suite des choses, je ne cours peut-être pas ...
Aucun danger » .
Mais elle...
Était là debout juste au centre du cercle de lumière et en une seconde le contour de son corps se découpa de la lumière.
La belle m'apparut progressivement tout entière et progressivement aussi, je me mis à trembler comme une feuille.
Je n'allais pas bien , je savais que je n'étais pas dans mon état naturel, la tête me tournait, j'avais des chaleurs et la nausée...C'est là qu'il m'est traversé l'esprit...
La fiole du tabernacle...
Je me suis possiblement empoissonné ?
Devant moi, cette femme murmurait quelque chose que je n'arrivais pas à saisir, je l'entendais, mais je ne comprenais pas.
Divine ouvrit alors sa bouche, vraiment lentement comme au ralenti et avec sa toute petite langue pointue rose et baladeuse, elle traça avec précision le contour de ses superbes lèvres.
Comme la trotteuse d'une horloge, sa langue en fit tout le tour et cela, sans me quitter du regard...
Elle me souriait timidement à la coquine.
Quelques secondes, plus tard, c'est une sorte d'entonnoir de lumière d’un bleu tendre et apaisant qui se matérialisa sous mes yeux ébahis.
En son cœur, cette fois, c'est la silhouette entière de cette femme qui m'apparut clairement et elle crevait l’écran de sa perfection féminine.
Presque si comme quelque chose avait explosé dans ma tête et dans tout mon corps, j'étais...
Paralysé d'étonnement.
Figé sur place...
La bouche grande ouverte comme une grosse et stupide carpe !
J'attendais la suite de mon hallucination et la forme ou la chose, ou la femme fantôme avança lentement vers moi, j'aurais juré qu'elle flottait, comme transportée sur un tapis volant, alors qu'un souffle chaud comme celui d'un dragon faisait maintenant naître des vagues dans sa chevelure.
Ce courant d'air se changea en de minuscules bourrasques et souffla sur moi le filet de brouillard qui l'habillait comme une robe cousue dans de la dentelle de ouate.
En une fraction de seconde, tout disparut d'un coup.
Le spectacle était totalement irréel et indescriptible, cette créature dont j'ignorais la nature même était d'une grâce et d'une beauté exceptionnelle et totalement renversante.
Sa poitrine, délivrée de sa robe, me dévoila ses seins magnifiques, deux fruits ronds de frissons, ornés de mamelons rose tendre qui regardaient droit devant eux ...
Qui me regardaient moi.
La créature « céleste » guettant ma réaction, exposa alors ses délicates petites mains sur le contour de ses seins et toujours muette, du bout des doigts, devenu pinceau de Dali, elle en cerna les boutons de fleurs qui trônaient en cercle au sommet de ses dunes brûlantes.
Quittant ses formes rondes, ses mains de pianiste se posèrent à sa taille et, comme trop lourdes pour elle, descendirent le long de ses jambes entraînant délicatement avec elle ce qui camouflait toujours ses membres inférieurs… Que je devinais exceptionnels.
Maintenant à demi nue, j'avais sous mes yeux ravis et ébahis, le corps sculptural de cette femme.
La fameuse créature qui hantait la cathédrale du lac Pérodeau, c'était elle.
Je le savais maintenant !
En reposant mes yeux sur la créature divine, je constatai qu'il ne restait sur elle qu'une espèce de brume de dentelle bleutée qui dissimulait toujours son jardin secret, ses cuisses, ses genoux, ses mollets, ses chevilles et ses pieds Cette fantomatique femme était maintenant si près de moi que je pouvais admirer les moindres détails de sa physionomie parfaite, plus de doute dans ma tête, cette femme, cette apparition, ou chimère, peu importe qui elle était, était, et de loin, ce que j'avais vu de plus beau de toute ma vie.
Elle était, j'en étais plus que convaincu, la plus belle créature de l’univers, seule la mère de Vénus avait pu la mettre au monde. « Pulchra sunt quae visa placent ».
En ce moment, rien ne saurait être plus vrai, car sa grande beauté résidait dans sa physionomie parfaite, elle était harmonieuse.
Par contre, vu que la beauté réside aussi dans le regard de celui qui la contemple, cette femme était pour moi très belle.
Sa beauté était universelle et de là résidaient toutes ces qualités intrinsèques.
Calme mais confus et toujours assis au fond de ce trou creusé dans la pierre des centaines d'années auparavant, le réfugié que j'étais était lové dans un trône de bois, caché dans les entrailles de ce lieu biblique, ou l’atmosphère était tendre, et de plus en plus douillette.
J'étais littéralement en train d'halluciner aucun doute là-dessus...
mais je n'en avais rien à foutre...
pas question de sortir d'ici tout de suite.
Alors que dans ma tête des milliers de scénarios s'échafaudaient, des vagues de courants d’air chaud comme soufflées par un bœuf voulant réchauffer l’enfant dans sa crèche m'atteignaient et me réchauffaient aussi.
Je fermai les yeux laissant cette douce brise chaude et presque humide m’envelopper de la tête au pied.
Cette brise venue de je ne savais où animait maintenant la crinière de cette créature céleste, plantée toujours debout devant moi d'un air solennel comme un zouave, mais un zouave dans la lune, elle était comme en attente d'un ordre divin.
À l'écoute et très réceptive à tout ce que contenait et se dégageait de l'atmosphère de la pièce où nous étions cloîtrés, la divine accueillait tout à bras ouverts, toutes les brises qui léchaient son corps et toute cette lumière qui, comme des caresses solaires, me donnait l'impression de la voir allongée sur une plage de la mer des caraïbes.
J'aurais aussi juré qu’elle entendait de la musique.
Une bossa-nova plaintive dont tout son corps était l’instrument lascif...
mélodie soude qu’elle seule entendait.
Elle bougeait, vacillait...
non....
elle vibrait, débordante de sensibilité quasi enfantine pour la seconde d'après afficher la triste mine d'une princesse en peine, qui se lamentait du haut de sa tour depuis cent ans, c'était quasiment déchirant.
Cette brise semblait maintenant lui obéir au doigt et à l'œil et elle s’accordait à chaque mouvement de ses mains tandis que ses doigts eux dispersaient et multipliaient généreusement les contacts sur les courbes sensuelles de toute sa physionomie.
Effleurant le bout de ses seins fermes et ronds de plaisirs, beaux et saillants à la fois, à ma grande surprise, son manège s’arrêta brusquement.
À cet instant, la brise obéit à un ordre silencieux et souffla fort sur ce qui la recouvrait encore partiellement pour se volatiliser de son corps en mille étincelles.
On aurait dit une marguerite dont les fins pétales quittaient doucement le bouton pour laisser à lui seul le soleil et s’y baigner.
Elle flottait désormais sur ce courant d’air, ce tapis invisible qui, couché par terre, lui caressait les pieds.
Dieu qu’elle était divine !
J’étais rempli d’allégresse, témoin silencieux de la scène la plus érotique au monde.
Elle avait la grâce d’une hirondelle en plein ciel et ce drôle d'oiseau, attira mon attention sur son « aile droite ».
Comme on porte une brindille d’herbe à sa bouche, elle déploya son petit doigt et l'introduisit paresseusement juste au centre de ses lèvres rouge, pétrole et pulpeuses.
J’étais jaloux de ce doigt que j'aurais mordu, mais surtout très, impatient de voir la suite.
Aussi, lentement, qu’il se fût enfoncé entre ses lèvres en rampant comme un petit reptile sur sa langue, elle retira son petit doigt luisant de salive, ferma les yeux, le déposa sur son mamelon gauche, le laissa dévaler sur la rondeur de son sein, où elle s'attarda quelques secondes en me dévorant de ses yeux vert émeraude.
Ses mains plus que délicates glissèrent paresseuses sur son ventre plat tout en suivant le courant de ses muscles abdominaux, pour descendre jusque dessous son nombril et un peu plus bas en plein cœur de ce « V » attirant ou un volcan semblait bouillir et sur le point d’entrer en éruption.
Je croyais rêver, mais je savais fort bien que je ne dormais pas.
En revanche, j’étais sûr d’une chose, j’hallucinais royalement.
J’avais aussi perdu totalement la notion du temps et me demandai depuis combien de temps j’étais là tout en me foutant carrément du boulot que j'avais à accomplir.
Je n’avais aucune intention de partir de là, à moins d’y être forcé par elle !
À moins qu’elle me dise de partir.
Curieusement, ma brunette sembla s’absenter aussi le temps de ma courte réflexion.
Mais oui, elle était toujours là, superbe femme aux yeux vert émeraude avec sa chevelure de courtisane brun cuivre, parsemé de reflets dorés, qui ne cachait alors qu’une toute petite portion de ses épaules d’une symétrie parfaite.
Dans son cou ne restait qu'un semblant de foulard de soie et qui, le chanceux, léchait de son extrémité ses minces et fines clavicules.
La figure de cette femme qui semblait être réelle, car belle et bien devant moi, était d’une perfection et d’une beauté saisissante, irrésistible et renversante, à la fois angélique et féline.
La perfection du plus beau de chaque femme de toutes les nations réunies en une seule.
Ses yeux verts débordaient à la fois d’intelligence, de sensibilité, de sincérité et surtout de désir.
Son petit nez de Cléopâtre donnait un équilibre parfait à la physionomie de son visage, tandis que ses joues souriantes offraient de jolies fossettes qui mettaient en évidence son côté coquin et enjoué.
Sa bouche et ses lèvres étaient d'une beauté inexplicable et avaient sans l'ombre d'un doute, même raisonnable, été dessinées à la suite d’une intense réunion de tous les grands peintres du monde.
Da Vinci, Michel-Ange, Picasso, Rembrandt, Dali, Monet et Van Gogh en étaient arrivés à rendre une décision unanime sur leur forme précise, leur définition et leur conformité.
Le résultat n’était rien de moins qu'une œuvre d’art, la 8e merveille du monde...
au lac Pérodeau.
Donnant tout son sens à la beauté, elle était belle avec ses lèvres parfaites d'un rouge écarlate, le rouge d'une pomme cueillie au soleil un jour d’automne, elles luisaient comme des étoiles heureuses.
C'était les plus belles lèvres du monde, les plus attirantes, les plus affolantes et enivrantes que je n'avais jamais vues de ma vie et je me demandais si j'étais encore vivant ou si je m'étais vraiment empoisonné, plutôt !
Je ne pus empêcher mes yeux de regarder sa poitrine qui affichait de magnifiques seins bien proportionnés, de beaux mamelons protégés d’auréoles rosées.
Sur son sein droit, il y avait cette marque en forme de demi-lune blanche qui mettait en évidence sa couronne pointue rouge cerise.
Toujours assis dans le trône de la divine qui, me semblait-il, me donnait comme de légères décharges électriques qui étrangement s'amplifiaient en moi au fur et à mesure qu'elle se rapprochait de moi et de mon visage.
J'avais maintenant les yeux en plein milieu de sa poitrine, juste entre ses deux seins au centre de mince et mignon canal en forme de V, qui harmonisait parfaitement l'équilibre de son buste.
Elle s’approcha encore un peu plus de ma figure confite et mon nez toucha son sein droit, mes lèvres, son mamelon.
Ouf !
J’avais chaud et j’étais paralysé de perplexité face à ce qui m’arrivait et évidemment, où cela se produisait.
Après tout, j’étais dans une cathédrale au boulot et même que durant une seconde, j’ai cru entendre beugler mon nom de l’autre côté du mur.
Je regardai ma montre : elle n’avait plus d’aiguilles.
Nul doute, j’avais perdu le Nord et si je me trouvais là, au royaume des cieux, c’est parce ce que c’était la volonté du tout puissant...
puisque j’étais chez lui.
Cela me fit sourire.
Ma belle aussi, à sa manière, souriait.
Elle était ravissante, spectaculaire.
Elle bougeait, respirait et me donnait l’impression de n’exister que pour moi, et j’étais prêt à commettre tous les péchés capitaux pour quelle ne s’évapore pas tout de suite.
Sa main, toute menue, recouvrait toujours comme un édredon de princesse, son mont de Vénus qu'elle ne cessait de caresser sous mes yeux timides, jusqu'à ce qu'un violent spasme musculaire la frappe de plein fouet comme brûlée ou piquée sournoisement à la fesse par une flèche, je ne sais pas.
Cependant, sa réaction fut instantanée, car elle renversa d’un coup la tête et telle une toxicomane sur le buzz de sa dose d’héroïne elle fut instantanément foudroyée par une vague de chaleur, une onde de choc qui à toute vitesse traversait sa fragile constitution et fit apparaître sur son corps des milliers de gouttes !
Elle était en sueur, on aurait juré qu’elle venait fraîchement sortir de la douche, de fines gouttelettes perlaient sur sa peau de pêche et sa main continuait et multipliait les mouvements tout en fouillait ses lèvres secrètes, roulant sur leur surface en de petits déplacements tantôt circulaires, tantôt saccadés… mais répétitifs.
Il était clair que l’un d’entre eux s’y s’enfouissait.
J’étais jaloux de ce doigt.
Je l’aurais tué, lui qui s’invitait dans son sexe, doux canal aux parois de velours.
La satisfaction de se toucher sous mes yeux attentifs, c’était indéniable, lui procurait de folles, d’intenses et indescriptibles sensations qui, sans équivoque, gagnaient en puissance....
pour mon plus grand plaisir.
Brusquement, elle pivota, plia les genoux et d’un geste que je vis image par image, seconde par seconde, elle fit descendre progressivement le cumulus ouaté qui faisait de l’ombre à ses fesses.
Ce petit cul d’enfer roulait, se contractait, réagissait à la puissance dix des douceurs qu’elle s’offrait en solitaire.
Puis, d’un pas de côté, elle expédia le nuage en prenant grand soin de me laisser entrevoir la dentelle de chair ruisselante qui protégeait ce chenail où coulait une rivière de plaisirs.
J’avais soif de sa peau, j’aurais voulu ancrer ma langue dans tous ses pores ou mourir naufragé sur son corps.
Douce, immuable plage de sel, j’imaginais ses épaules, ses seins, ses dunes voilées se couvrir de gelée nocturne.
Totalement nue, elle était incroyablement belle, excitante, affolante et visiblement décidée à jouir comme si c’était la dernière fois.
Calmement, elle me fit face à nouveau.
Ses seins me regardaient, m’hypnotisaient.
Ses yeux, eux, affichaient une soif jouissive, une faim de loup affamé… et tout en elle me permettait de croire en ce que je souhaitais le plus en ce moment, lui servir de repas.
Tentant de reprendre sans succès mes esprits, j’allais sauter sur cette femme que je désirais à en perdre la raison, mais elle me fit comprendre d’un signe de tête de ne pas bouger.
Je lui obéis religieusement, sans discuter, mais gagné par une érection qui cachait mal mes intentions.
Elle sembla s’en féliciter.
Une déesse, voilà, j’avais sous les yeux une déesse : un visage d’ange dont les pupilles perçaient comme deux épingles le vert clair de ses yeux.
Son corps avait été sculpté par Rodin, gracieux comme celui d’un cygne, appuyé sur des épaules musclées qui encadraient de superbes seins, beaux comme des fruits du jardin de Dieu.
La taille fine, l’aine veloutée bordant son mont de Vénus, ses cuisses et ses longues jambes étaient aussi dignes d’une reine de beauté.
Elle me sortit de ma contemplation en murmurant « Ne bouge pas… Laisse-moi m’emparer de toi, retire tes vêtements… dénude ton corps que je te dévore d’amour à grands coups de caresses ».
C’était là les premiers mots qui sortaient de sa bouche.
Moi qui la croyais sans voix.
Nerveux, ébranlé et intimidé, j’hésitais, mais cette nouvelle expression qui venait de naître chez elle et qui se voulait annonciatrice de plaisir charnel me convainc de ne pas la décevoir.
Lentement et très timidement je commençai par déboutonner ma chemise et débouclai ma ceinture maladroitement, comme si j’étais puceau, me battit avec mon slip devenu maintenant trop petit pour son occupant qui avait doublé de volume.
Aussitôt expulsé de sa prison, mon pénis libéré de son emprise bomba le torse et, comme un clown qui sort d’une boîte à surprise, se dressa devant elle le capuchon luisant.
Je fis une nouvelle tentative pour me rapprocher d’elle et la capturer afin d’assouvir l’envie incontrôlable que j’avais de la prendre et de lui faire l’amour, mais d’un simple clin d’œil que même un aveugle aurait compris, elle m’arrêta.
Souriante, elle ouvrit la bouche et doucereuse, me murmura avec tendresse « Reste là, ne bouge pas, laisse-moi m’agenouiller entre tes cuisses afin que je capture ton pénis.
Une fois lové au creux de la fossette de mon menton, je le déposerai sur mes lèvres, chaudes brûlantes presque douloureuses.
Après avoir fait connaissance plus intimement avec ce gland, qui me tarde de goûter, mes lèvres s’ouvriront et pas à pas, tu y feras une entrée triomphale.
Fière, mais lente et rampante, pour pleinement savourer chacune des secondes du passage entre elles, jusqu’au fond de ma bouche et de ma gorge que tu racleras avec douceur ».
Je ne parvenais pas à croire ce que je venais d’entendre, de sa bouche à elle, c’était impossible.
Ce n’était peut-être pas une déesse ordinaire, à bien y penser.
Ces quelques mots étaient sortis de sa bouche sans aucune vulgarité, mais animés d’une furieuse passion, envie, faim, soif que je n’avais encore jamais constaté chez une des centaines de femmes avec qui j’avais fait l’amour.
Bandé comme jamais, mon gland pleurait de joie !
Je jouissais déjà.
Sans me quitter des yeux, elle se mit à l’œuvre et ses doigts de fée empoignèrent ma baguette magique.
Spectateur attentif et anxieux, mon cœur gagné par l’émotion tambourinait dans mon corps comme une folle symphonie.
Intimidé, je fermai les yeux et m’abandonnai impatient de connaître la suite.
Elle, déterminée et en parfait contrôle de la situation, me chuchota à l’oreille : « Prends ma main, mon prince, à cheval sur la tienne, tu me guideras sur la route de ton plaisir et tu la franchiras pour venir dans mon palais ».
Ouvrant les yeux, j’aperçus sa main qui flottait à la hauteur de ma poitrine.
Attendant son passager en transe, je pris place à bord de sa main qui, tel un satellite de transmission de plaisir, avait mon sexe pour destination.
Une fois ma main déposée sur la sienne, la capitaine du vaisseau déclara « Bienvenue à bord, mon amour… ».
Le mot amour s’étira dans l’espace à peu près à la même vitesse que nos mains, la mienne sur la sienne… en chute libre.
Sa main bien agrippée sur mon véhicule de plaisir se mit en branle en escaladant, étape par étape, sa surface pour atteindre le capuchon.
L’ascension se faisait au rythme du chant de nos respirations qui ordonnait la cadence à nos mains, toutes deux à cheval sur mon instrument.
Elle battait la mesure passionnément puis, au galop, ma main s’éjecta volontairement, laissant la sienne virtuose me faire son solo.
Envahie de plaisir et le corps tendu comme une corde de violon, elle m’interprétait son hymne à la joie.
Chef d’orchestre, elle nuança la mélodie pour changer d’instrument avant la grande finale et son crescendo d’enfer.
Déposant ma baguette, elle prit ma « flûte », l’attira à sa bouche, l’ajusta à ses lèvres dont une brise chaude se dégageait en de petits jets d’air fugaces et volages qui me glaçaient d’envie et d’impatience.
Précises et élégantes, ces mains prirent place sur mon instrument.
J’étais nerveux comme un soir de première.
Elle immobilisa ma flûte au centre de sa bouche, et la prit dans son delta ,entre ses lèvres moites, tendres et somptueuses.
Magicienne, elle téléporta ses mains dans mon dos et, du bout des doigts, baissa d’une note pour aller dans les basses cajoler mes fesses dont la sensibilité était proche de la peau d’un tambour.
Oubliant les partitions, nos corps devenaient de plus en plus électriques.
Une symphonie nous transportait, un requiem plus musclé, plus animal.
Mes mains fouillaient sa chevelure soyeuse, explorant sa nuque, se délectaient de ses épaules.
Puis, j’eus le souffle coupé quand elle m’attira violemment vers elle, m’aplatissant contre sa peau avec ses mains puissantes sur mes fesses.
Mon pénis sentit la chaleur de son haleine alizée et fut obligé de se tailler un chemin entre ses lèvres onctueuses pour s’enfouir dans sa bouche.
Prisonnier entre ses lèvres chaudes et suaves, j’y entrai un peu timide et en silence, à l’écoute de chaque sensation explosive que me procurait cette fellation.
Avec ses mains accrochées à mes fesses, elle contrôlait les entrées et les sorties de mon membre dans sa bouche, variant l’incursion d’une fois à l’autre.
Sa respiration jouissive m’emplissait les oreilles de satisfaction.
J’étouffais de plaisir, je jouissais, je planais comme jamais.
De temps à autre, elle me regardait à la dérobée, levait les yeux et jumelait ses regards à une pénétration plus creuse de mon gland de sa bouche.
Je le voyais bien, elle tirait aussi un plaisir fou, mais incomparable au mien.
Elle jouissait elle aussi.
Elle était sublime et elle brillait comme étoile, une planète d’amour et de désir en fusion, une galaxie de qualité intrinsèque.
L’ensemble de mon appareil sexuel frôlait ses seins ronds de plaisir, couverts de chair de poule, m’excitant davantage à chaque contact de ses mamelonstendus sur ma peau.
Mes mains en avaient faim, ma bouche en avait soif.
Tout mon être désirait s’y réfugier, s’y vautrer, s’y lover.
J’étais sur le point de l’attaquer.
Tandis que ses mains continuaient de trotter sur ma peau d’enfant tout en prenant un rythme de plus en plus endiablé, sa bouche, elle, devenait de plus en plus vorace et gourmande, prenant au collet mon gland pour l’avaler comme une gamine qui avale sa gomme.
J’aurais hurlé de joie et ne pus me retenir de lui marmonner, gêné, « mon amour ».
Déchaînée, elle me donnait des tornades de caresses.
Sa bouche et ses mains étaient complices, tourbillonnant, courant sur moi et m’étourdissant de folles sensations extravagantes que j’avais fermement l’intention de lui rendre en double.
M’évadant de l’emprise de sa bouche, mon pénis bavait d’envie.
Vif, je la capturai à mon tour et l’amenai à mon niveau.
Une tempête se déchaînait dans toute ma personne.
J’étais un raz-de-marée dont j’allais l’arroser, la noyer.
Comme un serpent, ma langue rampa sur ses lèvres, fut capturé par les siennes pour mieux la goûter, la déguster.
Nos langues se firent la cour d’abord timidement, puis férocement, se livrant en duel, s’engageant dans un chevaleresque combat.
Sournoises, mes mains rusées s’attaquèrent à ses seins, les recouvrant, les massant, les auscultant minutieusement, mais avec une certaine fermeté.
Mes doigts à moi possédaient des pouvoirs magiques, j’étais magicien et en cet instant j’avais 100 000 watts au bout des doigts.
Aveugles, mes doigts en parcouraient chaque parcelle dans une chorégraphie qui avait pour seul but de lui faire gravir l’échelle de son plaisir.
Ma bouche quitta la sienne, tomba dans son cou et se laissa dévaler sur la pente de ses seins que je palpais tendrement.
Avec affection, ma langue aiguisée comme un poignard, patinait sur l’anneau de ses mamelons, puis comme se referme un piège à loup ma bouche captura leurs fleurs épanouies.
Ma tête, elle, occupait toute sa poitrine que ma bouche continuait de savourer.
Mes mains quittant ses seins, elles partirent à la découverte du reste de son corps.
Habiles comme des mille-pattes, elles étaient partout sur sa peau, se dispersaient au creux de ses reins, longeaient les muscles fins de son dos jusqu’à ses fesses rondes et fermes.
Du bout des doigts, j’allais taquiner l’intérieur de ses cuisses, une rivière écumeuse, que je me préparais à boire jusqu’à plus soif.
Glissant mes paluches sous ses fesses, je les tâtais fermement pour que d’elle-même elle écarte les jambes et laisse libre cours à ma bouche impatiente de plonger dans le bouillon de ses lèvres secrètes.
Elle replia ses longues jambes telle une jetée et écarta les cuisses en gémissant d’impatience, comme réponse.
Mes doigts se refermèrent comme des pinces sur ses fesses, bien ancrés afin de me servir à arrimer ma bouche aux portes de sa vulve.
Ma main gauche remonta sous sa fesse jusqu'à sa cuisse et rampa paresseusement pour aller s’agripper à son sein droit.
Une manœuvre planifiée afin que ma langue s’épande une première fois dans sa vulve, sur ses lèvres et sur son clitoris.
Nos bouches semblaient se connaître depuis des lunes.
Un peu timides au début, elles s’échangeaient les saveurs, bordées par nos lèvres aveugles qui se découvraient de façon minutieuse, s’apprivoisaient avant de s’accoupler.
L’effet de nos bouches collées l’une sur l’autre augmenta d’un cran nos désirs réciproques.
La chaleur infernale de nos corps nus et soudés faillit nous faire flamber.
En pâmoison, capitulant à cet état éthylique, ma main droite délivra sa fesse gauche et rampa sur la pente douce de ses cuisses où un doigt avait été mandaté pour sonner à la porte et entrer dans son vagin avec beaucoup de savoir vivre.
D’ores et déjà nos langues avaient eu le temps de faire connaissance et se dévoraient comme des cannibales.
Profitant de la diversion, je plongeai mon doigt tout doucement en elle.
Sa réaction fut immédiate, très intense, et du coup sa satisfaction s’afficha de la pointe de ses orteils jusqu'à ses cheveux, frappés d’une décharge d’électricité statique.
Les muscles fins et délicats de tout son être se contractaient, sursautaient avec chacun des déplacements de mon doigt entre les lèvres de son sexe bouillant.
Je quittai sa bouche pour la regarder, l’admirer, la remercier d’exister pour moi, ici, maintenant et fort probablement à jamais.
Cette bonne fée de nature sexuellement érotique fut exhaussée et céda avec émerveillement à mes caresses.
Mon majeur était en route pour la pénétrer en profondeur, pour accomplir sa mission, mais à pas de tortue, un pas à la fois, la tête haute, parfois basse, rasant le plancher de ce doux canal bien caché.
Précis comme une balle de fusil, je fis mouche du premier coup et foudroya de plein fouet ma cible rose en plein centre.
À genoux entre ses cuisses, de ma main droite, je stimulais son mamelon, de ma gauche, j’arpentais adroitement son léger mont de Vénus en prenant bien soin de ne pas oublier au passage son clitoris qui volait la vedette.
À nouveau, je la regardais jouir, jouir, jouir, se délecter telle une bambocheuse, à la cadence de mes doigts qui exploraient avec minutie et délicatesse les zones les plus sensibles de son sexe.
Elles étaient nombreuses à en juger par les réactions de son corps ou déferlaient les frissons.
Les soubresauts de sa respiration témoignaient du plaisir que lui donnaient mes attouchements.
Elle était d’une beauté renversante et irréelle, étendue sur le dos, les cuisses ouvertes savourant égoïstement les sensations qui lui étaient offertes.
Je continuai mon manège avec une lenteur excessive, appréciant aussi la vision de cette belle femme nue.
Sa peau dorée et ses courbes parfaites mettaient en relief ses seins d’où se découpait géométriquement un étroit sentier de chair tendre et invitante dont la forme en V me donnait grande envie d’y faufiler mon pénis explorateur.
Il avait d’ailleurs l’air d’avoir été taillé sur mesure pour moi.
Mon sexe bavait d’envie de s’y insérer et d’y être retenu prisonnier par ses deux seins gardiens, imposants de fermeté.
Contemplatif, je sortis de ma torpeur momentanée pour constater qu’un tunnel lumineux nous enveloppait, s’élevant de son corps comme une âme délivrée pour s’élever vers les cieux. J’étais soit sur le chemin du 7e ciel ou dans la salle d’attente du paradis à des kilomètres de l’église où je pensais être sans vraiment savoir si j’y étais encore.
Cela m’importait peu.
Plus rien ne comptait, sauf l’instant présent et cette femme, sûrement un ange.
Une créature céleste qui s’offrait pour une dernière fois les plaisirs de la chair.
Alors que mes doigts fouillaient sa vulve, chaude et mouillée, elle menotta ma main dans la sienne et en captura un doigt pour le diriger et le forcer à pénétrer dans son refuge humide.
Sans résister, j’obéis et forçai l’entrée écumeuse de l’étroit tunnel aux parois douces et douillettes.
Sa réaction fut instantanée et aussi spontanée qu’un éternuement.
Ces gémissements se transformèrent en petits cris dont l’intensité suivait la lente insertion de mon majeur.
On aurait juré que tout son corps dégageait des volutes odorantes, comme libérées par l’onde de plaisirs que mes doigts lui procuraient.
Une fois enfoui comme une tête chercheuse, j’effectuais quelques déplacements de façon très délicate, jusqu’au moment où mon majeur fit mouche.
Il s’appliqua à exercer une légère pression, se roulant à un endroit bien spécial, caché au sommet de l’une des parois de son vagin.
Une cible qui, touchée correctement, amplifie la jouissance de façon significative.
C’était comme gagner le Jackpot.
Mon palpeur prit de l’assurance en constatant l’ampleur de son impact sur cette minuscule zone bourrée de sensations inexplicables.
Optant pour l’effet rotatif, cela se répercutait sur chacune des zones érogènes et en faisait naître d’autres.
Son vagin se lubrifiait de plus en plus, au fur et à mesure que mon doigt s’enfonçait et se retirait de son sexe, alternant la vitesse avec laquelle il la pénétrait.
Excitée, frémissante, elle confirmait que mes caresses lui plaisaient, elle jouissait à la puissance dix et faillit devenir folle.
Pendant que mon doigt jouait la doublure de mon pénis en attente, deux doigts de ma main gauche s’étaient installés sur son clitoris qui débordait d’enthousiasme et, comme un jumeau, réagissait à la pénétration de son voisin d’en bas.
Il affichait aussi son plaisir amplifié par le duo droit gauche, qui, lui, s’appliquait à la tâche qui la faisait maintenant pleurer de joie.
J’avais l’inobservable impression que nous étions suspendues dans le vide, plus léger que l’air ambiant de cet étrange lieu caché dans les bas-fonds de la résidence de celui que l’on priait à genoux de nous délivrer de nos péchés.
Ma divinité féminine, elle, avait à ses pieds un amoureux qui lui donnait l’impression d’être un amant meilleur que Dieu pouvait l’être pour ses ouailles.
Un amant qui s’efforçait religieusement, corps et âme, de l’amener au paradis des plaisirs de la chair.
L’expression quelle avait me confirma quelle était mûre pour découvrir d’enivrantes et affolantes gâteries d’autre nature, plus suave, plus salivante, plus paradisiaque.
Avant de sortir de scène, mes doigts voulaient accomplir un dernier tour de passe-passe.
Avec la précision d’un chirurgien, ils écartèrent les plates-bandes luisantes et gluantes de son jardin secret afin de dévoiler au grand jour et de dégager de leur emprise de chair frisée son point d’allumage, prêt pour le décollage de son orgasme en devenir.
L’opération déclencha chez la belle une crise de panique.
Stressée et angoissée, elle attendait la mise à feu de la séquence à venir.
On aurait juré qu’elle désirait que le décompte se résume à deux, quatre, go !
Son clitoris donnait l’impression de battre d’impatience, il vibrait en harmonie avec les pulsations rapides de son cœur.
Dégagé de sa douce dentelle de peau frisée, cet inoffensif petit fruit m’ouvrit l’appétit, j’en avais l’eau à la bouche et j’avais décidé qu’il serait ma victime.
J’étais son prédateur.
Tel un méchant loup, j’allais dévorer, savourer, goûter, lécher ce tendre biscuit.
À mon tour, maquillé d’un air carnassier, gueule ouverte, ma langue atterrit précisément sur cette gâterie.
Le succès de l’atterrissage me fut confirmé quand la propriétaire de la planète fut secouée par un tremblement de peau d’une puissance qu’aucune échelle terrestre n’était en mesure de chiffrer.
On aurait juré qu’un missile nucléaire venait d’éclater au contact de mon arme buccal.
En apesanteur ou victime de l’ivresse des profondeurs, elle ne put s’empêcher de ceindre ma tête à deux mains pour l’écraser sur sa vulve aussi brillante que le soleil.
L’amerrissage au sein de ce paysage de chairs lunaires me permit de sortir la cavalerie lourde, le plus costaud de tous mes muscles, capitaine de mon vaisseau buccale, ma langue.
Ces premiers pas maladroits, au cœur de cette nouvelle dimension, se firent de façon timide.
L’affabilité dont faisait preuve ce haut lieu des milieux humides put dégourdir et mettre à l’aise son invité tout trempé.
Ma langue en balayait comme une tornade l’épicentre.
Co-pilote, la maîtresse des lieux calibrait avec tact la pression qu’elle exerçait sur mon crâne soudé entre ses cuisse, perdu aux creux de ce volcan en éruption.
Ma bouche contenait à elle seule la totalité de l’orifice douillet et lubrifié de cette bombe sexuelle née pour le plaisir.
Forte et fouineuse, ma langue se faufila de part et d’autre sur ses grandes et petites lèvres afin de réussir à se tailler un passage qui lui faciliterait la plongée au fond de cet océan où de futiles sensations vivaient en secret, en silence pour le moment.
À l’aveuglette, elle touchait à tout en léchant, suçant tout ce qui se mettait sur son chemin pour aboutir à la porte de son vagin et s’y faire admettre.
Ce début de cunnilingus fut apprécié par ma maîtresse qui ouvrit grand les cuisses afin de me faciliter la tâche.
D’un cran, elle souleva les fesses pour que ma langue accomplisse sa besogne et s’aventure davantage aux creux de sa vulve, pour sa propre satisfaction et du même coup pour m’encourager à donner suite à ce que j’avais débuté.
Les jambes écartées, elle rendait les armes et se livra entièrement.
Les yeux à demi clos, la bouche entre-ouverte, sa respiration acclamaient l’intrusion de son invité peu bavard, qui devenu fou courait dans toutes les directions, avançait, reculait, se déplaçait de long en large pour la stimuler au maximum.
Plus ma langue s’épandait sur sa vulve et s’immisçait en elle, plus son plaisir grimpait, tout comme mon pénis d’ailleurs.
Son sexe ruisselait de bonheur, pleurait de joie que mes baisers consolaient de salive réparatrice.
J’avais l’impression, et je l’aurais juré sur la bible, que ma langue était devenue comme le nez de Pinocchio et que je lui mentais délibérément pour qu’il s’allonge et puisse s’enfouir plus loin dans son vagin.
J’éprouvais un réel plaisir à la pénétrer avec ma langue, l’étirant jusqu'à faire mal pour quelle se love au fond de son nid.
Passant à la vitesse supérieure, le changement donna un nouveau goût à mes caresses.
Elle gémissait, poussait de petits cris synchronisés avec la fréquence plus rapide de ma langue qui plongeait au fond de ce remous entre ses cuisses pour ensuite remonter à la surface très lentement prenant soin de s’arrêter pour respirer.
Elle devenait folle, se délectait de cette nouvelle émotion qui lui était encore inconnue, mais que peut-être Dieu lui savait alors que le diable s’en doutait.
Acrobate, je me livrais à une performance digne d’un olympien, multipliant et enchaînant les creuses prouesses dans ce chapiteau où régnait une tornade menée par le muscle le plus fort du corps humain.
Quittant à reculons ce centre spongieux, ma langue changea de siège pour se réfugier dans le chenail qui menait à une fleur rose tendre qui, on aurait dit, levait la main en coulisse afin de signaler sa présence.
Courtois, je soumis cette requête et à plat ventre, paresseusement ma langue se déplaça et captura à la toute dernière seconde, férocement, ce mini bout de peau émotif et désireux d’assister à la supplémentaire, ayant encore frais à la mémoire la première prestation.
À l’instant de son entrée en scène, ma bouche fut ovationnée à tout rompre durant son premier tour de passe-passe et lèche.
Debout, son clitoris acclamait le retour sur les planches de mon majeur qui lui donnait la réplique.
Ce tandem s’insinuait à nouveau dans son vagin et donna lieu à un grand moment d’émotion.
Placé à l’horizontal, ce doigt canon à l’entrée de sa vulve se propulsa entre ces tissus tendres et mous pour déraper au fond de celle-ci.
Elle sembla exploser ou imploser de jouissance, la combinaison langue et doigt était gagnante à en juger par la réaction de la spectatrice qui depuis le début du numéro hurlait assez fort pour réveiller les morts.
Pleine de mansuétude, ma divine maîtresse avait l’air un tantinet déboussolée et subrepticement se laissa aller à pousser un cri qui me stupéfia par son intensité et sa force d’exécution.
Son volcan explosa et du for intérieur de son mont de Vénus jailli une fontaine de larve orgasmique, fruit de l’éruption de sa délectation.
Les équipiers doigts et langues avaient donné le spectacle de leur vie et en étaient gratifiés, récompensés.
Ivre de plaisir et possédée de désir, elle me repoussa d’un coup de bassin et m’attira jusqu'à sa bouche pour m’embrasser, me dévorer tout cru.
Nos instruments gourmands s’en donnaient à cœur joie.
Filant à l’anglaise, évadée de mes lèvres, elle m’accrocha par les bras quelle fit aussitôt passer au-dessus de sa tête en transportant mon pénis sur sa vulve, escaladant son ventre jusqu'à ce que mon gland plein de remontrances se love, entre ces seins ronds, durs et gonflés de reconnaissance.
À cheval sur mon abdomen, mon pénis au beau milieu de ses seins garnis d’une couronne où trônaient ces mamelons en fleurs qui se fit prendre en sandwich.
Elle écrasa ses rondeurs sur mon engin.
Désormais prisonnier d’une camisole de force, il se retrouva coincé entre les deux ne laissant à l’air que mon gland qui avait l’air d’avoir de la difficulté à retenir son souffle.
Son premier tour de piste promettait et répondit à mes attentes plus que je ne l’espérais.
Elle démontra beaucoup d’adresse et de dextérité en aplatissant ses dunes sur sa capture, elles les manipulaient pour me masturber.
Bien campé entre ces nouveaux amis intimes, j’éprouvais un bonheur sincère qu’elle sembla partager en me souriant malicieusement, et en a comprimant mon membre devenu rouge sang à force de se frotter, de se faire glisser à qui mieux mieux.
Excité et fou de joie d’être l’instrument de son plaisir, mon pénis se vautrait sur sa poitrine où coulait une pâle bave blanchâtre et luisante qui, tel un verni, faisait luire le sommet de ses nichons et formait un petit lac à la base de son cou.
Enchanté, ravi, comblé de cet exercice mammaire, le contact de sa peau sur mes fesses fit grimper ma température corporelle de cent degrés !
J’avais une fièvre de cheval.
Je hennissais presque, je respirais fort.
Elle aussi et sa respiration sourde et raclée trahissait le début de son assouvissement, mais restait à être achevée.
Dans ces yeux il avait écrit « accroche toi mon beau!
».
C’est elle qui dictait les règles ; elle était la maîtresse des lieux, elle contrôlait tout.
Notre cubicule sensoriel, notre capsule spatiale, je ne sais trop, où les murs étaient devenus teintés comme par des aurores boréales, amplifiant et enflammant davantage la rage de nos ébats.
La seconde d’après, c’est un éclair pervers et débordant de vitalité qui fracassa la prunelle de ses yeux.
Mon cœur fit un tour, je brûlais, me consumais d’impatience pour la suite de cet orage cochon !!
La foudre sembla s’empaler sur cette main de fer dans un gant de velours !
Férocement, elle captura de la droite mon pénis et l’attira jusqu'à ses lèvres bénites, mais toujours closes.
Mon sexe dans sa main, elle l’appuya sur sa lèvre inférieure et m’offrit une visite guidée de sa bouche entière.
Une première fois, puis une seconde, en rebroussant chemin avec une fébrilité annonciatrice de la prochaine étape, du prochain lieu où elle m’aventurerait.
Chevauché par ma reine, mon gland cogna à la porte de sa bouche invitante et accueillante et s’invita en y forçant l’entrée, pour s’y introduire centimètre par centimètre de plus en plus profondément.
Une fois pénétrée, elle referma la porte et sa langue le reçut avec affabilité et cérémonie.
Elle s’épandit sur son invité.
La maîtresse des lieux mettait alors tout son savoir-faire à l’œuvre pour le gâter royalement.
Elle le bécotait, l’embrassait, le goûtait à grands coups de langue et, par la même occasion, tissait un filet de salive, comme une veuve noire qui se prépare à prendre son repas.
Jamais je n’oublierais cette image, elle me hanterait jusqu'à ma mort et pour longtemps encore j’aurai dans la tête son royaume, ses saveurs, ainsi que toutes les émotions pures et vives qu’elle m’a offertes.
D'ailleurs, je pense que même une fois mort, allongé sur le dos dans ma boîte, j’aurai une érection si je pensais à elle.
J’étais au ciel, sur une autre planète dans une autre dimension ou victime d’hallucination, c’est une question qui fort probablement me hantera encore et encore une fois sortit d’ici.
Pour l’instant avec mon membre bien cambré qui rentrait et sortait de cette bouche de velours qui me suçait avec adresse et envie alors que je n'avais aucune envie de quitter ce lieu.
C’est elle qui donnait la cadence, l’imposait, l’intensifiait à un rythme de plus en plus déchaîné.
Sa bouche aux lèvres pleines et voluptueuses conférait à sa beauté quelque chose d’unique qui la distinguait des autres femmes.
Elle était le visible et l’invisible, et au travers de ses caresses j’allais atteindre l’illumination et peut-être de cette façon saurais-je le lien mystérieux qui semblait il nous unissait d’une certaine façon.
Des faisceaux de lumière, venant de je ne sais trop où, léchaient sa figure pleine de béatitude, où une fine couche de sperme ourlait sur sa lèvre supérieure.
Dans ma tête, j’entendais des sons comme si j’étais sous l’eau, atteint d'une forme d'ivresse des profondeurs, j'ai le sentiment d'être comme en apesanteur flottant dans l'espace, c’était magique, surnaturel, et c’était bon !
Du coup, on aurait dit que ses doigts mordillaient mes fesses, tandis qu'elle m’attirait et me retirait de sa bouche avec une force quasi masculine.
J’étais son jouet, sa chose ; j’avais le sentiment de lui appartenir corps et âme.
Si elle ne s’arrêtait pas bientôt, j’allais exploser et éjaculer au creux de sa bouche, mais intuitive elle modéra la cadence, diminua le tempo jusqu’à presque m’immobiliser au beau milieu de ces papilles.
Le moment était bien choisi pour poliment me retirer de cette tendre et chaude moufle de chair.
J’avais la ferme intention, et mon sexe confirmait la chose, d’aller me réfugier dans un autre milieu humide.
J’étais décidé et chemin faisant j’allais la lécher avec ma petite langue pointue, tout au long de la descente vers ses reins sans rien négliger, aller jusqu’au centre de ses cuisses où m’attendait une autre aventure.
Je quittai ma position.
Elle me laissa aller et me délivra de ses entraves de luxe.
Mon pénis sortit de sa bouche qu’elle avait un malin plaisir à laisser fermer durant la manœuvre.
Comme on descend les marches d’un tapis rouge, mon gland mit le pied sur son menton, dévala son cou et suivit les traces de larmes de sperme laissées à son premier passage pour retrouver son chemin.
Mes mains raclaient sa chevelure, enrobaient la perfection de sa tête, tandis que mes doigts sans yeux lisaient comme du braille le dessin de son exceptionnelle beauté.
Sans en oublier un seul passage ou même une seule phase, j’enfilais les strophes que sa peau me dévoilait.
Mes dix amis détecteurs sensoriels la foulaient toute entière et déclenchaient une onde de frisson sur sa peau qu’ils exploraient à tâtons.
Son corps répondait au quart de tour comme une Formule 1.
Le corps de cette femme unique défiait les lois de la perfection féminine, elle avait été conçue et dessinée comme un bolide de course, racé, élancé.
À la seconde où mon pénis gonflé à bloc carburait à cent à l’heure vers son vagin, il toucha une zone sensible en dérapant dans la minceur de sa taille qui pointait en fuseau.
Mon sexe en vainqueur amorçait le dernier droit avant de prendre position pour enfiler le tunnel menant au fil d’arrivée où il serait récompensé, couronné grand champion avec tous les honneurs qui s’y rattachent.
Attentive, libérant le passage en ouvrant grand les cuisses, elle frémissait, haletante et impatiente que je m’exécute et que je passe à la vitesse supérieure pour enfin la pénétrer et l’assouvir.
Mon gros cylindré n’allait pas la faire attendre plus longtemps et la tête première franchit l’entrée de son vagin pour y plonger sans ralentir jusqu’au fil d’arrivée et reprendre le passage à l’inverse comme c’était la règle d’or pour gagner !
Ces premières incursions se firent de plus en plus à haute vitesse, tandis que la propriétaire hurlait très fort à chaque fin de tour de piste.
Au fil des aller-retour de mon pénis dans son sexe mouillé, je contrôlais de moins en moins mon engin qui prenait l’épouvante, encouragé par la déconcertante réaction de celle où je m’exécutais.
Je décidai de lever le pied et de ralentir ma vitesse de passage.
Serrant les fesses, je la pénétrai en profondeur avec lenteur.
Je jouissais et vins bien près de perdre le contrôle et de faire sauter mon moteur en crachant l’huile.
Mais bien aiguillée, elle se déroba en m’expulsant de son vagin pour faire un tonneau et adopter une nouvelle position.
Ma céleste se plaça à quatre pattes, les jambes écartées, son sexe coulant s’ouvrait sous mes yeux.
Elle était prête à me recevoir.
Une montée d’adrénaline me gagna et je pris le mors aux dents.
Elle lisait en moi comme dans un livre ouvert sachant bien que cette posture me plaisait énormément et m’excitait au plus haut niveau.
J’allais la prendre par-derrière et je m’exécutai en enfonçant mon pénis entre ses cuisses.
Ce magnifique petit fessier était vraiment alléchant.
Mes papilles s’affolaient : ses fesses m’avaient grand ouvert l’appétit.
Je décidai de la surprendre et d’amener un peu d’inattendu, d’un coup je me retirai d’elle et couchai ma bouche sur ce bel orifice de création.
L’attrapant par les hanches ma langue bien pendue se pointa au beau milieu des méandres de son vagin.
Effrontée, ma langue se faufilait entre ses petites lèvres et, de plus en plus profondément, elle copiait mon pénis.
Ma bacchante cria de joie et de surprise.
Elle râlait à se faire pénétrer ainsi.
Je voulais lui rendre grâce et lui offrir davantage de plaisirs.
Sans m’annoncer, je poussai mon index dans son vagin tandis que, simultanément, je gobai son clitoris pour le sucer comme une pastille aux saveurs exotiques.
Je le roulais entre mes lèvres dont la température se rapprochait de celle du soleil.
Je la masturbais avec mon doigt qui vibrait d’habile façon et se mouvait en elle.
Pendant une fraction de seconde, j’ai cru qu’elle allait perdre la tête tellement son plaisir se manifestait de manière intempestive, festive et bacchanale.
Je fis durer ce doux supplice encore pour un mouvement ou deux et stoppai mon manège pour reprendre où j’avais laissé quelques minutes plus tôt.
Je replongeai mon sexe dur entre ses cuisses pour lui faire atteindre l’apothéose.
Elle répétait comme une formule mathématique de « oui, oui, encore pénètre-moi » l’affirmation avait une connotation poétique dans sa bouche.
Aguichante, éblouissante, excitante, tantôt perverse, gourmande, mais jamais vulgaire.
Le plaisir pour ma belle et irréelle divinité n’avait rien de sale.
Il était au contraire d’une pureté toute naturelle.
La combinaison de nos mouvements folâtre, nos ébats amoureux allaient atteindre leur paroxysme dans la cale de l’église.
Toute la pièce tanguait, nos divaguions et une berceuse aux accents érotiques nous emplirent les oreilles avec, en sourdine, les chœurs de Bacchus, sa chorale qui marmonnait leur laïus érotique en crescendo.
Le ciel et la terre devinrent rouges et c’est elle, flibustière, qui sonna la charge, m’ordonna de passer à l’abordage et de sortir le canon.
Seul maître à bord, elle décida judicieusement de l’angle d’attaque.
Je hissai la grande voile et enlignai mon mât sur ma cible qui se précisait.
Droit devant, plein sud face à la mer, la silhouette de celle qui me réclamait de l’amener à l’orgasme et de la faire jouir davantage se découpa dans l’espace.
Un sirocco se leva, sa crinière créait des vagues, comme des ombres mouvantes sur son dos, ses hanches, ses fesses rondes et légèrement bombées.
La vélocité du sirocco s’intensifia et lui dicta de se prosterner face au ciel et à la mer.
Elle capitula en écartant les jambes formant un V de toute beauté et sa vulve ruisselante brillait de tous ses feux, une mer de saveurs m’y attendait.
Je pris position sur le champ et l’accostai en prenant une prise solide sur la rondeur de ses fesses.
J’osai la violenter calmement en les écartant pour aussitôt m’introduire contre vents et marées dans sa grotte, sa caverne d’Alibaba, son vagin cristallin.
Bien agrippé à ce petit cul de rêve j’introduisais de façon musclée, mon pénis dur comme l’ébène.
Une tempête faisait rage dans nos corps, nous allions déclencher l’apocalypse, le décompte était amorcé.
Un tonnerre assombrissant déferla et nous atteignirent, l’un fondu dans l’autre en communion avec le nirvana du plaisir, la quintessence.
Une pluie d’étoiles se déversa du ciel, nous illuminant comme des dieux, des créatures célestes.
Je n’y voyais plus rien, je ne comprenais plus rien, je n’étais plus qu'Amour !
Les larmes aux yeux, j’étais heureux, en allégresse et au-delà du plaisir charnel intense que j’avais ressenti.
Moi, j’étais comblé de cette sensation unique qui unit ceux qui font l’amour.
Dans ma tête, j’entendais sa voix me dire qu’elle m’aimait.
J’avais la conviction de ne jamais avoir été aimé de cette façon, jamais je ne m’étais senti si aimé.
J’ignore si c’est à Dieu que je le dois, mais une chose est certaine, j’en ai la profonde conviction, Dieu ferma les yeux pour ne pas rougir.
Soudainement elle n’était plus là, mais moi oui, toujours bien campé sur ce trône qui trônait pour moi.
Je tentai de me lever, mais mon corps était devenu de plomb.
J’étais une statue.
Des voix me parvenaient aux oreilles, elles disaient « Venez voir, venez voir !
L’animateur est mort sur l’épaule de Dieu. ».
Moi je souriais et me foutais de leurs gueules, je ne les ai jamais cru … même le jour de mes funérailles… que j’ai manqué.
,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,Breaking News,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, Les funérailles du journaliste radio Day Washington retrouvé mort dans le caveau d'une cathédrale des Florentides auront lieu à la cathédrale même où il a été retrouvé et elles seront célébrées par l’évêque du diocèse, le curé DeLambert.
De plus le chanteur Christian Christian a également confirmé tout de suite après, n’avoir chanté devant nul autre que sa sainteté le pape Louis 32, qu’il tenait à tout prix à être là pour celui qui devait le présenter, mais qui est décédé seulement quelques minutes avant son entrée en scène.
Par ailleurs le curé DeLambert a accepté de nous parler de Day Washington, le curé étant le dernier à lui avoir parlé de son vivant.
« Dayan était un homme dont on pourra dire qu’il a vécu pleinement, malheureusement sa curiosité lui aura coûté la vie.
Il a bu une huile sainte vieille de 300 ans qui l’a empoisonné.
Cependant, lorsque nous l’avons retrouvé, curieusement, il souriait aux anges; donc Dieu l’a rappelé auprès de lui en lui fermant les yeux pour ne pas qu’il rougisse."