Ici, on peut se lâcher totalement, sans se préoccuper des enfants.
C’est la raison d’être de l’hôtel.
Ceci dit, il y a des femmes qui restent silencieuses.
Je trouve ridicule d’être pudique dans ce type d’hôtel, alors que chacun vient ici pour se donner du bon temps.
Moi, cette ambiance me plaisait déjà bien.
Et au fil du temps, j’allais me souvenir des femmes, rien qu’aux prénoms sous lesquels les femmes réservaient une chambre, car curieusement, ce sont essentiellement les femmes qui téléphonent pour réserver.
C’est amusant mais c’est comme ça.
Assez rapidement, j’ai associé le prénom donné au visage.
Ensuite, sachant qui était dans telle ou telle chambre, j’ai eu l’occasion d’écouter attentivement les couples pour repérer ceux où les femmes se lassaient aller, gémissaient, soupiraient, parlaient, criaient, jouissaient de façon totalement libérée.
Les couples qui restaient silencieux aussi, bien sûr, tellement silencieux qu’on n’aurait pas pu dire que la chambre était occupée.
Dès lors, un simple coup d’œil au tableau des réservations et j’ai vite su à quoi m’attendre.
La première semaine, j’ai eu un aperçu de la vie de l’hôtel.
Les couples défilent du matin au soir.
Il y a des périodes assez calmes.
Cela peut être le matin ou l’après-midi de n’importe quel jour de la semaine.
Il n’y a pas de règle, on ne sait jamais à l’avance comment se déroulera la journée.
Ceci dit l’hôtel ne reste jamais totalement vide, il y a toujours bien un couple présent.
En juillet, c’est un peu plus calme.
Une grosse surprise pour moi a été le jour où la patronne m’a dit que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, tous le couples ne sont pas constitués uniquement d’un homme avec sa maîtresse ou d’une femme avec son amant, ce que j’imaginais naïvement.
Des couples mariés viennent faire l’amour à l’hôtel.
En un mois, j’avais pu découvrir la vie de l’hôtel et la très grande variété des couples : un homme et une femme, deux femmes, deux hommes, des transsexuels.