Selon Claudie (5)

Chapitre 5 : Sous son regard

À peine rentrés, Claudie lui fait signe de la suivre.

Ils remontent dans la chambre où Yannick a dormi.

— Tu vas l’enlever ?
— Oui.

Il retourne naturellement sur le lit et reprend la même position que le matin.

Claudie s’installe derrière lui.

— Je vais doucement.

Ses doigts viennent saisir la base du plug.

Au premier mouvement, Yannick le sent de nouveau très nettement et relâche son souffle.

Claudie commence à tirer.

À mesure que la partie la plus large revient vers l’ouverture, la pression augmente.

Claudie ralentit et attend qu’il se relâche avant de continuer.

L’objet franchit le passage et glisse hors de lui.

Le soulagement est immédiat.

Son corps se détend contre le matelas tandis que Claudie pose le plug de côté.

— Voilà.

Yannick bouge le bassin et son expression change.

— Quoi ?
— J’ai encore l’impression qu’il est là.

Claudie lui pose brièvement une main dans le dos.

— Ça va passer.

Claudie se relève.

— Va prendre une douche.

Yannick se tourne vers elle.

— Et toi ?
— Je vais boire quelque chose.
— Tu pourrais aussi me proposer de l’eau.

Après tout ce que tu me fais subir.
— Tu sais où sont les verres.
— Je retrouve la Claudie du petit-déjeuner.
— Elle n’est jamais partie.

Yannick se redresse et va jusqu’à la salle de bains.

La douche lui fait du bien.

L’eau chaude efface la poussière et détend ses jambes.

Lorsqu’il redescend, il est toujours nu.

Il trouve Claudie dans la cuisine avec deux grands verres d’eau.

Elle lui en tend un sans commentaire et ils s’installent dans le salon.

Ils restent quelques minutes sans chercher à parler.

Claudie s’est assise au bout du canapé, une jambe repliée sous elle.

Yannick repose son verre.

— Je crois que mes pieds vont me rappeler cette promenade demain.
— Tu n’as pourtant presque pas protesté.
— Je n’ai pas osé me plaindre.

Claudie jette un regard vers la fenêtre, puis se lève.

— Attends-moi ici.

Quand elle revient, elle tient dans une main un harnais auquel est fixé un gode assez fin.

— C’était dans les choses que tu avais préparées ?
— Oui.
— Et tu veux l’utiliser ?
— Je n’ai pas envie de te laisser repartir sans qu’on essaie.

Elle lui désigne le canapé.

— Assieds-toi au fond.

Yannick s’installe contre le dossier pendant qu’elle fixe les sangles autour de ses hanches.

Elle vient s’agenouiller entre ses jambes.

— Replie-les un peu.

Yannick le fait, puis écarte les cuisses lorsqu’elle pose les mains dessus.

Il se retrouve entièrement exposé devant elle.

Elle soutient son regard.

— Je veux que tu me regardes pendant que je te prends.

Elle lubrifie le gode puis se rapproche.

L’extrémité vient se poser contre lui et il inspire.

Lorsque Claudie commence à entrer lentement, la pression est nette, mais le corps de Yannick cède plus facilement.

Son regard descend un instant vers leurs corps, puis revient à elle.

Le matin, c’était un objet entre les mains de Claudie.

Cette fois, c’est elle-même qui bouge.

— Ça va ?

Yannick hoche la tête.

Claudie avance encore jusqu’à ce que son bassin se rapproche du sien, puis s’immobilise.

— C’est plus facile que ce matin.
— Parce que je sais que c’est toi.

Claudie recule légèrement.

Le premier mouvement est lent.

Elle revient avec la même prudence.

Yannick expire brusquement lorsqu’elle arrive de nouveau contre lui.

Elle recommence.

Cette fois, il accompagne davantage le mouvement.

Une des mains de Yannick quitte le bord du canapé et vient se poser sur la cuisse de Claudie.

Ses épaules se détendent peu à peu.

Claudie recule encore.

— Tu veux que je revienne ?
— Oui.
— Dis-le.
— Je veux que tu reviennes.

Elle se retire davantage et revient plus fermement.

Un son échappe à Yannick.

Il voit le bassin de Claudie amorcer chaque poussée avant de la sentir en lui.

Le gode disparaît entre leurs corps, puis revient avec le mouvement de Claudie.

Ses jambes cherchent instinctivement à se rapprocher, mais les mains de Claudie les maintiennent ouvertes.

— Reste comme ça.

Yannick relâche ses cuisses et Claudie reprend.

Le mouvement suivant lui arrache un souffle.

Claudie garde un rythme régulier, suffisamment ferme pour qu’il sente nettement chaque retour.

Yannick regarde le visage concentré de Claudie.

Elle modifie légèrement l’angle.

Une pression différente apparaît, plus profonde.

Yannick serre la cuisse de Claudie d’une main et agrippe le bord du canapé de l’autre.

Elle recommence, exactement au même endroit.

— Encore.

La chaleur monte lentement dans le ventre de Yannick.

Ses jambes essaient de nouveau de se rapprocher, mais Claudie les garde ouvertes sans interrompre son rythme.

Yannick détourne les yeux vers le plafond.

— Regarde-moi.

Il revient à elle.

Claudie recule et revient plus profondément.

Ses paupières se ferment presque aussitôt.

— Regarde ce que je te fais.

Il les rouvre.

Le bassin de Claudie s’éloigne puis revient.

Yannick distingue le mouvement avant de le recevoir, ce bref instant où il sait exactement ce qu’elle va faire sans pouvoir encore le sentir.

Claudie poursuit.

— Qui te donne ce plaisir ?

Yannick ouvre la bouche, mais le mouvement suivant lui coupe la réponse.

— Toi.

Elle revient.

— Encore.
— Toi.

Le mot se perd presque dans son souffle.

Claudie accélère.

Yannick ne quitte plus son visage des yeux.

— Claudie…

Yannick retire sa main de la cuisse de Claudie et la rapproche de son sexe.

— Non.

Laisse-moi faire.

Claudie écarte la main de Yannick et vient elle-même le caresser au rythme de ses mouvements de bassin.

Il inspire brusquement.

Sa respiration devient irrégulière et ses jambes commencent à trembler.

Elle garde la même cadence.

Le plaisir devient impossible à contenir.

Le corps de Yannick se tend et un son rauque lui échappe.

Il se contracte autour du gode tandis que Claudie continue.

Yannick jouit.

Elle poursuit encore quelques mouvements, puis ralentit progressivement.

Elle ne se retire pas.

Yannick reste appuyé contre le dossier, le souffle court.

Le gode demeure en lui.

Le silence revient d’un seul coup.

Peu à peu, sa respiration se calme.

Claudie se penche et dépose un baiser sur son front.

Elle se redresse et se retire lentement.

Yannick laisse sa tête reposer contre le dossier.

Claudie détache le harnais et le pose.

Elle reste à genoux entre ses jambes.

— Tu as aimé ?
— Oui.

Je ne m’attendais pas à ça.

Tu es incroyable, Claudie.
— Tu voudrais que je recommence ?
— Oui.
— Aussi après ce week-end ?
— Je veux que ça continue.
— Moi aussi.
— On va se revoir ?
— Oui.
— Quand ?

Claudie se relève.

— Quand je l’aurai décidé.

Yannick laisse échapper un rire fatigué.

— D’accord.

Elle lui tend la main et l’aide à se lever.

Son corps proteste lorsqu’il se redresse.

Yannick récupère son verre d’eau et le termine presque d’un trait.

— Je vais prendre une douche.
— Bonne idée.

Il secoue la tête en souriant et monte.

Cette fois, il reste longtemps sous l’eau.

Il sent la fatigue et une sensibilité diffuse.

Lorsqu’il redescend, Claudie a préparé quelque chose à manger.

Il s’assoit à la table de la cuisine, toujours nu, et prend le morceau de pain qu’elle lui tend.

— Tu comptes me nourrir avant de me renvoyer chez moi.
— Je suis généreuse.

Ils mangent sans se presser.

Yannick coupe du fromage pendant que Claudie remet un peu d’ordre sur le plan de travail.

Il lui fait remarquer qu’elle n’a pas beaucoup amélioré ses compétences domestiques depuis la veille.

Elle lui répond qu’il pourrait l’aider au lieu de faire le malin.

— Tu vas parler de ce week-end à Chloé ?
— Non.
— Même pas un peu ?
— Certainement pas.
— Elle va être insupportable.
— Elle l’est déjà.

La nuit commence à tomber lorsqu’ils terminent.

Yannick monte récupérer ses affaires.

Dans sa chambre, son jean et son tee-shirt sont là où il les a laissés le matin.

Il reste une seconde devant eux avant de s’habiller.

Claudie l’attend près de l’entrée lorsqu’il redescend.

— Tout est là ?
— Normalement.
— Ton chargeur ?

Yannick s’arrête.

— Merde.

Elle sourit pendant qu’il remonte le chercher.

Quelques minutes plus tard, ils sortent enfin.

L’air est plus frais qu’au moment de leur promenade.

Yannick pose son sac dans le coffre de sa voiture puis revient vers Claudie.

Ils restent face à face près de la portière.

— Tu me contacteras ?
— Oui.
— Bientôt ?
— Laisse-moi au moins jusqu’à demain.

Il rit.

— D’accord.

Claudie s’approche et lui prend la main.

Elle la garde quelques secondes, puis la relâche.

— Je n’oublierai pas ce week-end, dit Yannick.
— Moi non plus.

Il ouvre la portière.

— Rentre bien, dit Claudie.
— Toi aussi.

Enfin… tu es déjà rentrée.
— Merci pour cette précision.

Yannick monte dans sa voiture et baisse la vitre.

— Je savais que tu allais te moquer.
— Tu me connais mieux qu’avant.
— C’est certain.

Il commence à avancer, puis Claudie l’appelle.

— Yannick.

Il freine et tourne la tête vers elle.

— À bientôt.
— À bientôt, Claudie.

Yannick remonte la vitre et engage la voiture dans l’allée.

Claudie reste devant la maison jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière les arbres.