Selon Claudie (3)

Chapitre 3 : Donner

Après le déjeuner, Yannick se rhabille, puis ils débarrassent ensemble.

Il apporte les assiettes et Claudie lave rapidement ce qui doit l’être pendant qu’il essuie.

Ils parlent d’un ancien voisin de Claudie, puis la conversation dérive vers le film que Chloé les avait entraînés voir quelques mois plus tôt et que Yannick continue de considérer comme une escroquerie.

Ils vont boire le café dehors, sous l’arbre aperçu par Yannick en arrivant.

Ils y restent une vingtaine de minutes.

Les sujets changent sans ordre particulier : leurs amis, le travail de Yannick, puis un voyage que Claudie aimerait faire.

Lorsqu’ils rentrent, Claudie pose sa tasse dans la cuisine, regarde l’heure et rejoint la petite pièce.

Yannick la suit sans qu’elle ait besoin de le lui demander.

— Maintenant, je veux que tu fasses quelque chose pour moi.
— Quoi ?

Elle vient se placer tout près de lui.

— Baisse-toi.

Yannick se met à genoux devant elle.

Claudie lui tourne le dos, ouvre son jean et le fait descendre avec ses sous-vêtements avant de les retirer.

Elle garde sa chemise, suffisamment longue pour couvrir encore en partie ses hanches lorsqu’elle se redresse.

Elle le sent regarder ses fesses, ses hanches, la peau qu’il n’avait encore jamais vue.

Elle relève sa chemise jusqu’à la taille.

— Approche.

Yannick se penche et s’arrête à quelques centimètres.

— Embrasse-les.

Il dépose un premier baiser sur sa fesse droite, bref, prudent.

— Encore.

Cette fois, il garde les lèvres contre sa peau un peu plus longtemps.

Elle est chaude et douce.

— Continue.

Yannick recommence, puis déplace sa bouche.

Ses baisers s’attardent peu à peu pendant que Claudie reste droite devant lui.

— L’autre côté.

Yannick s’applique davantage qu’elle ne l’avait prévu.

— Utilise ta langue.

Il hésite avant de la faire glisser sur une fesse, puis sur l’autre.

La peau a un goût léger, un peu salé.

Le geste semble le dérouter, mais Claudie frissonne sous sa langue et il recommence.

Elle le laisse faire.

— Maintenant, au milieu.

Yannick s’immobilise.

— Claudie…
— Oui ?
— Tu veux que je…

Il ne termine pas sa phrase.

— Oui.

Yannick se rapproche.

À mesure que son visage s’enfonce entre ses fesses, l’odeur devient plus chaude, plus présente.

Il laisse enfin sa langue glisser au milieu.

Le contact ne dure qu’un instant ; le goût est différent de celui de sa peau, plus marqué, plus intime.

Une légère humidité reste sur sa langue lorsqu’il recommence.

Son corps se raidit, mais il poursuit.

— Continue.

Yannick essaie de se concentrer sur le mouvement de sa langue.

Il insiste encore, puis recule brusquement.

Claudie lâche sa chemise et se retourne.

Yannick reste à genoux, le visage baissé.

Elle s’accroupit devant lui sans le toucher.

— Qu’est-ce qui se passe ?
— C’est… trop.
— Trop quoi ?
— Trop intime.
— Tu veux arrêter ?

Yannick baisse les yeux.

— Tu crois que je vais être déçue si tu t’arrêtes ?

demande-t-elle finalement.
— Peut-être.
— Non.

Elle se relève et lui laisse de l’espace.

— C’est important pour toi.
— J’en avais envie, oui.

Je n’avais encore jamais laissé quelqu’un faire ça.
— Je ne veux pas m’arrêter là.

Elle reprend sa position.

Cette fois, elle ne lui donne aucune consigne.

Pendant quelques secondes, rien ne se passe.

Puis il se rapproche de lui-même.

Il commence par déposer un baiser sur sa fesse, puis un second.

Claudie garde sa chemise relevée.

Yannick utilise de nouveau sa langue, commence par ce qui lui est le plus facile, puis revient progressivement au centre.

Claudie bouge à peine, mais son corps lui donne des indications.

Lorsqu’il insiste d’une certaine manière, son bassin vient vers lui.

S’il ralentit, ses jambes changent d’appui.

— Comme ça.

La voix de Claudie est plus basse.

Il recommence et sa réaction est plus nette.

Yannick modifie légèrement la pression.

Claudie laisse échapper un gémissement et il reprend aussitôt le mouvement qui l’a provoqué.

Sa langue devient plus précise contre elle et, à mesure que son attention se fixe sur ses réactions, Claudie sent son propre plaisir monter.

La main de Claudie se resserre sur sa chemise.

— Arrête.

Yannick ne réagit pas immédiatement.

— Yannick.

Il s’immobilise et recule.

Claudie laisse retomber sa chemise.

— J’ai fait quelque chose de mal ?
— Non.
— J’ai reçu ce que je voulais.

Yannick souffle par le nez.

— C’est tout ?
— Pour l’instant.

Il se relève lentement pendant que Claudie ramasse son jean et ses sous-vêtements.

Lorsqu’elle se rhabille, Yannick détourne d’abord les yeux, puis relève presque aussitôt le regard.

Claudie sourit en le voyant faire.

Ils quittent la pièce ensemble.

L’après-midi se déroule sans programme précis.

Ils passent un moment dehors et font le tour du jardin jusqu’à une vieille remise que Claudie n’ouvre plus parce que la clé a disparu depuis des années.

Yannick prétend qu’elle contient forcément un trésor ou un cadavre ; Claudie lui répond qu’elle contient surtout probablement des chaises cassées et des araignées.

Ils rentrent, boivent un café, parlent longtemps sur le canapé.

Yannick raconte une histoire à propos de son frère.

Claudie lui montre une photographie d’elle enfant trouvée dans un album laissé sur une étagère, et regrette presque immédiatement de l’avoir fait lorsqu’il découvre sa coupe de cheveux de l’époque.

La conversation continue ainsi un long moment.

Par moments, la chaleur du corps de Claudie contre son visage lui revient en mémoire.

Il remarque aussi plus vite qu’avant quand le regard de Claudie s’attarde sur lui, même pendant qu’elle se moque de son goût douteux pour un groupe qu’ils écoutaient tous les deux à vingt ans.

Ils dînent tôt.

Un repas simple encore, sans consigne particulière.

Yannick aide à préparer les légumes ; Claudie fait tomber un morceau d’oignon par terre et l’écrase en reculant.

Il en profite pour commenter ses talents culinaires.

Après le repas, ils restent dans la cuisine pendant que la lumière diminue dehors.

Claudie le regarde ranger deux verres dans le placard.

— Viens avec moi.

Yannick se tourne vers elle, puis referme le placard.

Elle l’emmène à l’étage, dans sa propre chambre.

Yannick n’y était encore jamais entré.

Elle ressemble beaucoup à la sienne, avec davantage d’affaires posées sur une chaise et une chemise oubliée au pied du lit.

Claudie lui désigne le matelas.

— Allonge-toi sur le dos.

Yannick s’installe.

Claudie monte sur le lit, pose un genou de chaque côté de lui puis vient s’asseoir à califourchon juste au-dessus de son ventre.

Ses jambes encadrent ses flancs.

Yannick sent immédiatement son poids, la chaleur de ses cuisses et de son bassin à travers leurs vêtements.

— Essaie de bouger.

Yannick tente de soulever une épaule puis de déplacer le bassin.

Les jambes de Claudie limitent ses mouvements sans réellement l’empêcher de se dégager.

Elle resserre légèrement ses appuis.

— Tu pourrais me repousser.
— Probablement.
— Pourtant, tu ne le fais pas.
— Tu ne me fais pas mal.

Et j’ai envie de savoir ce que tu vas faire.

Il remue pour chercher une position plus confortable.

— Ne bouge pas.

Le poids de Claudie demeure contre lui, pas assez lourd pour être douloureux, mais suffisamment présent pour qu’il sente chacune de ses petites variations d’appui.

Claudie se penche lentement vers lui.

Pendant une seconde, Yannick croit qu’elle va l’embrasser.

Elle s’arrête à quelques centimètres.

— Ouvre la bouche.

Il obéit.

— Garde-la ouverte.

Claudie le laisse ainsi quelques instants.

Puis elle laisse tomber sa salive dans sa bouche.

Yannick la referme par réflexe.

— Ne l’avale pas.

La sensation est légère mais impossible à ignorer.

La salive de Claudie, déjà mêlée à la sienne, est tiède sur sa langue.

Il attend.

— Maintenant.

Il avale.

Claudie suit brièvement le mouvement de sa gorge, puis se redresse sans quitter sa place sur lui.

Après ce geste, Yannick s’attend presque à une suite immédiate.

Claudie ne fait rien.

Il la sent simplement contre lui.

Sa respiration devient plus lente.

Les jambes de Claudie restent contre ses flancs, ses mains reposent sur son torse.

Lorsqu’elle commence finalement à déplacer une jambe pour se relever, Yannick réagit aussitôt.

— Ne te lève pas encore.

Claudie s’arrête une seconde, puis replace simplement sa jambe et reprend sa position sur lui.

Il ferme les yeux.

Ils restent ainsi encore un moment, sans qu’il se passe davantage.

Puis Claudie se redresse pour de bon, relâche la pression de ses jambes et descend du lit.

— On s’arrête là pour ce soir.

Yannick reste allongé quelques secondes avant de se redresser à son tour.

Claudie ouvre la porte et ils traversent ensemble le couloir.

Devant sa chambre, Yannick s’arrête.

— Bonne nuit, dit Claudie.
— Bonne nuit.

Elle rejoint sa propre chambre.

Yannick ferme la porte et se déshabille avant de se glisser sous les draps.

Plusieurs images de la journée lui reviennent.

Claudie assise dans le fauteuil.

Le déjeuner où il avait fini par oublier quelques minutes qu’il était nu.

Son recul brusque, puis la décision de revenir vers elle.

Le visage de Claudie au-dessus du sien quelques heures plus tard.

Mais ce n’est pas ce qu’elle lui a demandé qui reste le plus nettement.

C’est sa propre voix.

Ne te lève pas encore.